Kagesa Sadaaki

影佐禎昭

18931948

Lieu d'origine

Numakuma 沼隈郡

Province d'origine

Hiroshima 広島県

Issu d’une famille de bushi au service du clan Asano 淺野, à la tête du domaine de Hiroshima, Kagesa Sadaaki est, si l’on peut dire, la version la plus poussée du Shinatsū 支那通 (spécialiste de la Chine). Il joue à ce titre un rôle déterminant dans la mise en place en 1940 du nouveau gouvernement central chinois dirigé par Wang Jingwei. Diplômé de l’École d’officiers de l’armée de terre (rikugun shikan gakkō 陸軍士官学校) en 1914, Kagesa sort major de promotion de l’École supérieure de guerre (rikugun daigakkō 陸軍大学校) en 1923. Entre 1925 et 1928, il complète sa formation d’officier en suivant des cours au sein de la faculté d’études politiques (seijika 政治科) de l’Université impériale de Tokyo. À partir d’avril 1929, il séjourne à Zhengzhou 鄭州 (Henan) et Shanghai comme “chercheur sur la Chine” (Shina kenkyūin 支那研究員). Il expliquera dans ses mémoires qu’il est alors particulièrement frappé par la diffusion dans la société chinoise d’un sentiment anti-japonais, notamment chez les enfants, en raison de la propagande et du système éducatif du Gouvernement nationaliste. Après deux ans sur le continent, Kagesa  intègre, en mars 1931, la Section Chine (Shina-ka 支那課) de l’état-major général de l’Armée de terre (sanbōhonbu 参謀本部). Le 4 septembre 1931, quelques jours avant l’Incident de Mukden, il déclare que l’attitude belliqueuse de Jiang Jieshi à l’égard du Japon rend la guerre difficilement évitable et appelle à soutenir l’armée de terre si un conflit devait advenir.

Cette ligne dure est caractéristique de la troisième génération des Shinatsū, qui commence à occuper des postes importants au début des années 1930. Possédant une expertise plus poussée encore sur la Chine pour être passés par le système de formation des “chercheurs sur la Chine” mis en place par l’armée entre 1922 et 1936, ces officiers ont pour points communs de ne pas avoir baigné dans la politique des seigneurs de la guerre et de ne pas avoir, à la manière d’un Sasaki Tōichi 佐々木到一 (1886-1955), soutenu la réunification de la Chine par Jiang Jieshi, avant de vivre l'”Incident de Jinan” (mai 1928) comme une trahison. Principal représentant de cette génération, Kagesa éprouve ainsi d’emblée une grande méfiance à l’égard du GMD. Plus largement, son attitude reflète la politisation des officiers de rang intermédiaire au tournant des années 1930 au sein de sociétés secrètes ultra-nationalistes. C’est le cas de Kagesa qui est alors membre de la Société des fleurs de cerisier (sakurakai 桜会), aux côtés d’autres Shinatsū tels que Wachi Takaji ou Imai Takeo. Celle-ci est impliquée dans deux tentatives de coup d’État en 1931 : l'”Incident de mars” (sangatsu jiken 三月事件) et l'”Incident d’octobre” (jūgatsu jiken 十月事件), également connu sous le nom d'”Incident des couleurs impériales” (kinki kakumei jiken 錦旗革命事件). Leur objectif est la “reconstruction nationale” (kokka kaizō 国家改造), qui doit passer par l’élimination physique des dirigeants cherchant à freiner l’expansionnisme nippon sur le continent.

Kagesa retrouve la Chine en janvier 1932, alors que les combats font rage à Shanghai, en étant détaché auprès de la Garnison de Chine (Shina chūtongun 支那駐屯軍), stationnée à Tianjin. En juin 1932, il est envoyé en Occident, notamment à Genève où il assiste la délégation japonaise à la SDN dans le contexte de la Commission Lytton qui rend son rapport sur l’invasion de la Mandchourie en octobre. Une fois acté le départ du Japon de la SDN en février 1933, Kagesa reprend son poste à Tianjin au sein de la Garnison de Chine, qui se trouve confrontée à la montée des tensions dans le Nord de la Chine, alors que l’Armée du Guandong (Kantō-gun 関東軍) cherche à étendre son influence au sud de la Grande muraille. En juillet 1933, il est rappelé à Tokyo pour prendre la tête du Bureau Chine (Shina-han 支那班) au sein de la Section Chine (Shina-ka). En août 1934, il est nommé à Shanghai comme adjoint de l’attaché militaire de la légation (chūzai bukan hosakan 駐在武官補佐官) Suzuki Yoshiyuki 鈴木美通 (1882-1956), puis de son successeur, en mars 1935, Isogai Rensuke 磯谷廉介 (1886-1967). Accompagnant ce dernier lors d’une visite au mausolée de Sun Yat-sen sur les hauteurs de Nankin, Kagesa refuse de se plier au rituel d’hommage, ce qui lui vaut une remontrance de la part d’Isogai. Il n’hésite pas à prendre position publiquement sur les relations sino-japonaises, comme il le fait dans deux tribunes parues les 1er et 4 janvier 1935 dans le Shanhai Mainichi shinbun 上海毎日新聞 à l’adresse des résidents japonais de Shanghai. Il y dénonce l’attitude des autorités nationalistes de Nankin qui mènent, selon lui, des préparatifs de grande ampleur pour s’opposer au Japon, ajoutant que cette politique va à l’encontre de la volonté des masses chinoises qui sont attachées à la sécurité et aux profits de la coopération économique entre la Chine et le Japon. Ses attaques visent en particulier le premier ministre Wang Jingwei, qui cumule désormais le portefeuille des Affaires étrangères. Aux yeux de Kagesa, la nomination d’un dirigeant perçu comme “pro-Japonais” comme Wang n’est qu’un subterfuge du GMD pour tromper la vigilance de Tokyo. Le bruit court dans les jours qui suivent que Kagesa a demandé à être reçu par Jiang Jieshi pour clarifier la situation. Cette attitude jusqu’au-boutiste est également visible au moment de l'”Incident du Xinsheng” (Shinsei jiken 新生事件), provoqué par la publication le 4 mai 1935 d’un article moquant l’empereur Shōwa dans la revue shanghaienne Xinsheng 新生 (Vie nouvelle). Jugeant les excuses du gouvernement chinois insuffisantes, Kagesa demande à ses supérieurs de pouvoir prendre des mesures contre les activités du GMD à Shanghai. Cette demande n’est pas entendue par les autorités de Tokyo qui sont alors soucieuses de ne pas remettre en cause la fragile détente avec Nankin, symbolisée par l’élévation, le 17 mai 1935, de la légation japonaise en Chine au rang d’ambassade. Selon ses mémoires rédigés en 1943, c’est à cette époque que Kagesa aurait développé un grand respect pour Wang Jingwei. La détente sino-japonaise se traduit en effet également par le rétablissement des liaisons postales et aériennes entre la Mandchourie et la Chine propre. Aux avant-postes lors des négociations controversées sur le sujet, le vice-ministre des Affaires étrangères Tang Youren 唐有壬 (1894-1935) est soutenu par Wang.

En août 1935, Kagesa est muté au sein du Bureau des affaires militaires du ministère de l’Armée (rikugun-shō gunmu-kyoku 陸軍省軍務局) où il est chargé des relations sino-japonaises. Il perçoit l’aide britannique, incarnée par Frederick Leith-Ross (1887-1968), dans la réforme monétaire chinoise de 1935 comme une menace pour l'”ajustement” de ces relations au profit du Japon. Il déplore, par ailleurs, le manque de cohésion des autorités japonaises vis-à-vis du gouvernement chinois. Kagesa est convaincu que la détente sino-japonaise, qui a été accueillie avec enthousiasme par une partie du camp japonais, ne règle pas le problème de fond de l’attitude foncièrement anti-japonaise de Nankin. Lors de réunions avec ses homologues du ministère de la Marine et des Affaires étrangères, il s’efforce d’imposer une politique commune visant à obtenir du gouvernement chinois qu’il accepte les trois principes formulés en octobre 1935 par Hirota Kōki. C’est notamment le cas en août 1936, lorsque Kagesa se rend à Changchun pour un sommet de trois jours, avant de rallier Shanghai via Tianjin et Qingdao. À son retour au Japon, il est muté à Sendai au 2e régiment d’infanterie (yahō daini rentai 野砲第二聯隊).

Nommé chef de la 7e section du 2e Bureau de l’état-major (Section Chine) en août 1937, Kagesa la quitte, en novembre, pour créer et prendre la tête de la 8e section, dite des “stratagèmes” (bōryaku-ka 謀略課). Elle a pour mission d’atteindre des objectifs militaires en Chine par des moyens non-militaires. Admiré pour son intellect et redouté pour la manière brusque qu’il a d’exprimer ses idées, Kagesa incarne une nouvelle conception de la stratégie japonaise en Chine. La 8e section se veut en effet porteuse d’une vision plus large que celle des Shinatsū de la Section Chine connus pour leurs complots visant les seigneurs de la guerre et leurs erreurs d’analyse. Kagesa met à l’étude plusieurs plans visant à couper les lignes de ravitaillement extérieures du gouvernement chinois. Au sud, il prévoit de fomenter des grèves dans les ports de Hong Kong, Haïphong ou encore Hanoï. Au nord, il est question d’organiser un soulèvement musulman au Xinjiang afin de gêner l’aide soviétique. Aucun de ces stratagèmes ambitieux ne se matérialise. En juin 1938, ils laissent place à une série de “missions” (kōsaku 工作) visant à déstabiliser le camp chinois et à recruter des collaborateurs de premier plan, alors que s’engage la grande offensive contre Wuhan, capitale provisoire du Gouvernement nationaliste. La supervision de ces opérations est confiée au plus célèbre représentant de la deuxième génération des Shinatsū, Doihara Kenji.

Entre-temps, Kagesa se trouve impliqué dans les prémices de l’opération devant conduire à la défection de Wang Jingwei le 18 décembre 1938. Un an plus tôt, l’espoir d’une victoire éclair sur la Chine s’est heurté à la résistance des troupes adverses à Shanghai et à la résilience d’un Gouvernement nationaliste qui refuse l’armistice malgré la perte sanglante de sa capitale. Face à cette situation, les dirigeants japonais se divisent entre ceux qui souhaitent pousser l’avantage nippon en refusant tout compromis et ceux qui, craignant un enlisement qui affaiblirait le Japon face à ses vrais ennemis (les communistes, voire l’Occident), privilégient une désescalade du conflit. À la suite d’Ishiwara Kanji, héros visionnaire des officiers de sa génération pour son rôle dans l’Incident de Mukden, Kagesa adhère à cette seconde position. L’échec des négociations sino-japonaises en décembre 1937 et la pression d’une partie de l’armée poussent le premier ministre Konoe Fumimaro à soutenir la première le 16 janvier 1938, en déclarant que le Japon cessera désormais tout contact avec le GMD et en appelant de ses vœux la formation d’un nouveau gouvernement central en Chine. Ishiwara ayant été muté en Mandchourie, c’est à Kagesa que revient de représenter sa ligne à Tokyo aux côtés, notamment, du vice-chef d’état-major Tada Hayao 多田駿 (1882-1948). Il ne faudrait pas, pour autant, voir en eux des colombes s’opposant aux faucons expansionnistes. La ligne de clivage porte avant tout sur le choix de la stratégie à suivre – moyens militaires ou diplomatiques – pour atteindre un objectif qui fait, lui, consensus : contraindre le gouvernement chinois à “ajuster” sa politique au profit du Japon. La première ligne, officialisée le 16 janvier, est remise en cause dès le 16 février grâce à l’appui apporté par l’empereur à Tada.

Ce même jour, Kagesa s’entretient à Yokohama avec Dong Daoning 董道寧 (1902-c.1940), adjoint de Gao Zongwu dépêché secrètement par ce dernier pour sonder la position du gouvernement japonais sur un possible rétablissement des discussions de paix. Cette rencontre est arrangée depuis la Chine par Matsumoto Shigeharu, dont l’épouse est amie avec la femme de Kagesa. Celui-ci confie à Dong deux lettres destinées à Zhang Qun 張羣 (1889-1990) et He Yingqin 何應欽 (1890-1987), qu’il avait fréquentés à l’École d’officiers de l’armée de terre, dont He est sorti diplômé deux ans après lui. Il préfère ne pas écrire directement à Jiang Jieshi par crainte de violer la ligne gouvernementale adoptée le 16 janvier, et parce qu’il juge son grade trop modeste pour s’adresser à un généralissime. Appelant de ses vœux la reprise d’un dialogue sincère laissant de côté les griefs passées, Kagesa se dit persuadé que le “Japon, pays de la Voie du guerrier [武士道国日本]” est prêt à négocier. Le sort de ces lettres est incertain. Gao affirmera après-guerre qu’il les a remises en mains propres à Jiang Jieshi le 14 avril 1938. Il démentira en revanche avoir transmis, deux jours plus tard, une réponse orale à ces lettres en présence de Nishi Yoshiaki dans laquelle Jiang se serait dit prêt à discuter du statut de la Mandchourie et de la Mongolie, à condition que la souveraineté chinoise soit rétablie au sud de la Grande muraille. Le coup de semonce de Tai’erzhuang 台兒莊 – victoire symbolique de la Chine au printemps 1938 dans une campagne de Xuzhou remportée par le Japon – finit de donner l’avantage à la ligne défendue par Tada et Kagesa. À la faveur du remaniement ministériel qui s’ensuit, Kagesa est nommé chef de la Section des affaires militaires (gunmu kachō 軍務課長) en juin 1938 ; un poste secondaire du ministère de l’Armée, mais qui fait de lui le principal conseiller du nouveau ministre Itagaki Seishirō. Du reste, Kagesa entretient d’excellents rapports avec le secrétaire du Cabinet Konoe, Kazami Akira 風見章 (1886-1961), qui lui permet de puiser dans les fonds secrets du gouvernement pour financer le canal ouvert par la visite de Dong.

Celui-ci franchit une étape supplémentaire avec la visite de Gao Zongwu au Japon en juillet 1938. Lors de deux rencontres à Hakone avec le diplomate chinois, Kagesa lui signifie notamment que la démission de Jiang Jieshi reste une condition sine qua non pour que des négociations s’engagent entre Tokyo et Chongqing, manière de relancer les discussions sans totalement désavouer la déclaration du 16 janvier. À en croire les notes prises par Gao lors cet entretien, Kagesa lui aurait proposé que Wang Jingwei remplace Jiang Jieshi à la tête du Gouvernement national ; option dont Gao aurait exigé qu’elle ne soit plus mentionnée, faute de quoi il cesserait toute discussion. Dans ses mémoires, Kagesa ne mentionne pas cette condition mais affirme que Gao aurait évoqué la possibilité de mettre en place, à l’extérieur du Gouvernement national, un mouvement en faveur de la paix sous la houlette de Wang Jingwei afin de convaincre Jiang Jieshi d’opter pour les négociations avec le Japon ; projet conçu peu avant par Gao et Matsumoto Shigeharu, selon les mémoires de ce dernier. En août 1938, Kagesa participe activement à l’adoption par le gouvernement japonais de la “Politique d’ajustement des nouvelles relations sino-japonaises” (Nisshi shin kankei chōsei hōshin 日支新関係調整方針), élaborée par le colonel Horiba Kazuo 堀場一雄 (1900-1953) au sein du Bureau d’orientation de la guerre (sensō shidō-han 戦争指導班) de l’état-major général de l’Armée de terre. Ce texte, officialisé le 30 novembre 1938 en Conférence impériale (gozen kaigi 御前会議), définit la ligne que suivent dès lors les Japonais dans toutes leurs négociations aussi bien avec des représentants de Chongqing qu’avec le groupe de Wang Jingwei.

C’est notamment le cas lors des discussions secrètes qui se déroulent du 12 au 20 novembre 1938 au Chongguangtang 重光堂 de Shanghai, durant lesquelles la partie chinoise, menée par Gao Zongwu, s’accorde avec la partie japonaise, représentée par Imai Takeo, sur le projet d’un Mouvement pour la paix dirigé par Wang Jingwei. Kagesa prend part à la phase finale des discussions, les 19 et 20 novembre. S’il présente dans ses mémoires le texte principal sur lequel se mettent d’accord les négociateurs comme semblable, à quelques modifications près, à la “Politique d’ajustement” de Horiba, ces différences sont à l’origine d’un malentendu funeste pour la réputation de Wang Jingwei. En effet, la défection de ce dernier, le 18 décembre, se fait notamment sur la foi de la promesse formulée à Shanghai que le Japon s’engagera à retirer ses troupes dans les deux ans. Or cette promesse, absente de la “Politique d’ajustement” approuvée à Tokyo, n’est pas mentionnée par le premier ministre Konoe dans son discours du 22 décembre, privant ainsi Wang Jingwei d’un argument majeur en faveur des négociations de paix. Kagesa se justifiera en invoquant les pressions exercées au sein de l’armée contre une telle promesse. S’il parvient par la suite à gagner la confiance du groupe de Wang Jingwei, Kagesa fait-il alors preuve envers ce dernier de la “sincérité” dont il se prévaudra dans ses mémoires? Le témoignage du diplomate Tajiri Akiyoshi permet d’en douter. Avant son départ pour Hong Kong, où il est nommé consul-général le 2 décembre 1938 pour faciliter les négociations avec le groupe de Wang, Tajiri lui demande si ces négociation sont sincères ou ne sont qu’un nouveau stratagème pour affaiblir Chongqing, Kagesa lui aurait répondu qu’il s’agissait bien d’un “stratagème [bōryaku 謀略]”.

Alors qu’elle n’était jusque-là qu’une opération de déstabilisation parmi toutes celles entreprises depuis le début de la guerre, l”Opération Wang Jingwei” connaît un tournant majeur en mars 1939. Suite à l’échec de l’opération visant Wu Peifu pilotée par Doihara Kenji, Kagesa se voit confier le 19 mars la direction du projet de “nouveau gouvernement central chinois”. Afin de s’assurer le plein soutien des autorités de Tokyo, il s’entoure d’une équipe dans laquelle sont représentées les différentes forces en présence au sommet de l’État japonais. Outre l’Armée de terre, dont il est lui-même issu, la Marine envoie le contre-amiral Suga Hikojirō 須賀彥次郎 (1889-1941), le Gaimushō et le Kōa-in se font représenter par Yano Seiki 矢野征記 (1900-1975), tandis qu’Inukai Ken, déjà impliqué dans le canal visant Wang, représente les parlementaires. Dans la nuit du 20 au 21 mars, Wang Jingwei est victime d’une tentative d’assassinat commanditée par Chongqing dans laquelle son secrétaire Zeng Zhongming laisse la vie. L’opération politique de Kagesa se transforme alors en mission de sauvetage. Partis le 6 avril à bord du Hokkōmaru 北光丸 (Lumière du Nord), Kagesa et Inukai Ken arrivent à Hanoï le 17 avril. Par mesure de sécurité, Wang Jingwei et Kagesa repartent séparément avant de se retrouver sur le Hokkōmaru au large de Hainan pour faire route ensemble jusqu’à Shanghai où ils débarquent le 6 mai. Au cours du voyage, ponctué par une escale à Taiwan, Kagesa a l’occasion de faire plus ample connaissance avec Wang lors de réunions quotidiennes durant lesquelles ce dernier lui expose son projet de gouvernement en zone occupée.

Dès leur arrivée à Shanghai, Wang demande à Kagesa d’organiser une visite à Tokyo pour obtenir des garanties des autorités japonaises. Faute de s’être mises d’accord sur la forme que devra prendre le “nouveau gouvernement central chinois”, ces dernières tentent de repousser la venue de Wang, qui apparaît déjà davantage comme un problème que comme une solution pour résoudre l'”Incident de Chine”. Kagesa proteste en disant craindre qu’un report ne fasse échouer l'”Opération Wang Jingwei“. Il obtient finalement le feu vert pour accompagner Wang et ses associés pour une visite dans l’archipel entre le 31 mai et le 12 juin 1939. Le 6 juin, le Cabinet de Hiranuma Kiichirō aboutit enfin à un projet de gouvernement central chinois dans lequel le groupe de Wang n’est qu’un acteur parmi d’autres au sein d’une structure confédérale à l’opposé du plan de Wang. Ce projet de Chine confédérale dont Wu Peifu et Wang Jingwei serait les deux visages les plus connus, Wu au Nord et Wang au Sud, ne se concrétise toutefois jamais et disparaît avec Wu, qui décède en décembre 1939. À partir de l’été 1939, Kagesa s’attelle à rendre possible le “retour à la capitale” (huandu 還都) d’un “Gouvernement national réorganisé” voulu par le groupe de Wang Jingwei, c’est-à-dire l’exact antithèse de ce projet confédéral. L’équipe de militaires et de civils japonais qu’il a formée en mars s’institutionnalise pour devenir, le 21 août 1939, l’Agence de la prune (ume kikan 梅機関), dénommée ainsi en référence au Hall des fleurs de prunier (baikadō 梅華堂) où elle installe ses bureaux dans le quartier japonais de Shanghai. À la différence des agences des services spéciaux de l’armée déjà actives en Chine occupée, cet organisme est placé sous l’autorité directe du Conseil des cinq ministères (goshō kaigi 五省会議) qui réunit, autour du chef du gouvernement, les ministres des Affaires étrangères, de l’Armée, de la Marine et des Finances. Outre les noms déjà cités, Kagesa, élevé pour l’occasion au grade de général de brigade (shōshō 少将), recrute plusieurs officiers de l’Armée de terre, tels que le lieutenant-colonel Ichida Jirō 一田次郎 (1894-1962), par la suite remplacé par le colonel Yahagi Nakao 谷萩那華雄 (1895-1949), le commandant Tsukamoto Makoto 塚本誠 (1903-1975), ainsi que deux officiers appelés à jouer un rôle majeur au sein du gouvernement de Wang Jingwei : Haruke Yoshitane et Okada Yūji. Au fil des semaines, les effectifs de l’agence s’étoffent pour atteindre une trentaine de membres, parmi lesquels des diplomates comme Shimizu Tōzō, des économistes comme Kitayama Fukujirō 北山富久二郎 (1901-1984) et Suehiro Kōjirō 末広幸次郎 (1891-1967), ainsi que des journalistes tels que Kamio Shigeru 神尾茂 (?-1946) et Hata Hiroshi 波多博 .

De fait, avant d’être un projet politique, militaire et économique, la formation du nouveau gouvernement est une opération de relations publiques en Chine comme au Japon. Kagesa a cultivé avant-guerre des contacts dans le milieu de la presse qu’il cherche alors à mobiliser pour promouvoir son action aux côtés de Wang Jingwei. Il a fait la connaissance de Kamio, ancien correspondant à Nankin du  Ōsaka Asahi shinbun 大阪朝日新聞, dans le cadre de l’Association de recherche sur la question de l’Asie orientale (tōa mondai chosa kai 東亜問題調査会) fondée en 1934 par l’un des principaux dirigeants du Asahi, Ogata Taketora 緒方竹虎 (1888-1956). Le recrutement de Kamio en 1939 vise à gagner le prestigieux quotidien à la cause de l'”Opération Wang Jingwei” qui fait, au même moment, l’objet d’un débat dans l’archipel. En Chine même, Kagesa peut compter sur le soutien du Tairiku shinpō 大陸新報 (Le Continental), principal titre de la presse japonophone dans la région du bas-Yangzi, dont il est l’un des initiateurs. Au lendemain de la prise de Nankin en décembre 1937, Kagesa s’était en effet rendu au siège du journal Asahi pour convaincre sa direction de lancer un quotidien à Shanghai avec le soutien de l’armée. Ce projet aboutit finalement à la création du Tairiku shinpō, né le 1er janvier 1939 de la fusion du Shanhai nippō 上海日報 (Le Quotidien de Shanghai), dirigé par Hata, avec plusieurs journaux japonais.

Dans ses mémoires, Kagesa présente l’Agence de la prune comme un bastion à l’intérieur du camp nippon cherchant à faire appliquer les principes définis par Konoe le 22 décembre 1938. Il résume sa mission en une phrase : faire en sorte que le “gouvernement de Wang ne soit pas un fantoche du Japon“. De même que les mémoires des autres “avocats de la paix” japonais publiés après-guerre, ce témoignage tend à donner le beau rôle à Kagesa, en passant sous silence la réalité de son action en Chine, en particulier les exactions commises sous ses ordres contre les Chinois refusant de participer au “Mouvement pour la paix”. Quoi qu’il en soit, c’est un fait que Kagesa prend dès lors régulièrement position en faveur du groupe de Wang, ce qui lui vaut la confiance de ce dernier et des frictions avec sa hiérarchie. Pour autant, cette attitude n’est en rien contradictoire avec son souci de défendre avant tout son pays dont c’est l’intérêt, selon lui, d’appuyer un gouvernement chinois bénéficiant d’une marge de manœuvre suffisante pour espérer apparaître un tant soit peu légitime. L’historien John H. Boyle écrit à ce sujet : « I have found no reason to doubt the universal judgment of his former associates that Kagesa was an eminently honest officer who was determined to justify Wang’s trust in him. Kagesa’s openness with Wang extended to at least one unauthorized disclosure of secret papers to Wang’s followers, an act that earned him much criticism in the Army General Staff. But from his memoirs it is clear that he felt his role as a loyal officer of the Emperor was completely compatible with his attempts to secure for Wang the best peace terms Japan could reasonably offer » (Boyle 1972, p. 238-239). On peut ajouter qu’en se faisant le champion de Wang Jingwei au sein du camp japonais, Kagesa met en jeu sa propre légitimité qui dépend désormais de la réussite du projet de nouveau gouvernement central. Plus largement, les conditions offertes au groupe de Wang sont perçues comme trop généreuses dans l’archipel. Le 16 janvier 1940, Kagesa explique ainsi à Zhou Fohai : “Une partie des Chinois considère que Wang Jingwei et ses camarades sont des traîtres à la nation [hanjian 漢奸], tandis que les tenants de l’impérialisme nippon voient dans Itagaki et moi-même des traîtres à la patrie [guozei 國賊]. Nous devons collaborer jusqu’au bout sans faillir. Dans dix ans, les Chinois seront reconnaissants envers Wang et les Japonais envers nous” (ZR, p. 231-232).

La mise en place du nouveau régime se révèle un chemin semé d’embûches pour Kagesa. En Chine, il doit faire face à l’obstruction des officiers japonais qui patronnent les gouvernements régionaux déjà en place, notamment Kita Seiichi à Pékin et Harada Kumakichi à Nankin. Tous deux voient d’un mauvais œil une centralisation qui se fait au détriment de leur propre pouvoir, a fortiori sous la houlette d’un officier plus jeune qui vient tout juste d’être promu général de brigade alors qu’ils sont déjà généraux de division (chūshō 中将). Au Japon, Kagesa doit composer avec des autorités centrales peu soucieuses de ménager Wang Jingwei. Dans ses mémoires, il affirme ainsi avoir été très surpris lorsqu’il prend connaissance, début octobre 1939, des nouveaux termes de la collaboration exigés par son pays. Ceux-ci résultent d’un processus qu’il a lui-même enclenché. Souhaitant disposer d’un document plus concret que la troisième déclaration de Konoe, il conseille à ses supérieurs, à l’été 1939, de préparer un accord susceptible d’être signé par Wang Jingwei. Les instances centrales du Kōa-in planchent alors sur la question. Kagesa s’attend à ce que leur texte reprenne fidèlement la « Politique d’ajustement » de Horiba Kazuo. Or, début octobre 1939, Horiba arrive à Shanghai avec le document préparé par le Kōa-in, certes basé sur sa « Politique d’ajustement », mais agrémenté de clauses inédites soustrayant de nouvelles régions à l’autorité du futur régime et offrant au Japon des privilèges supplémentaires. À en croire Kagesa, Horiba lui demande alors si, dans ces conditions, Wang a une chance de gagner le soutien de la population chinoise. « Aucune » lui aurait répondu Kagesa. Malgré sa colère contre le Kōa-in, ce dernier choisit de ne pas s’opposer frontalement à ses supérieurs. Il remet l’ébauche d’accord telle quelle à Wang Jingwei pour connaître son avis sur le sujet et apporter d’éventuelles modifications. C’est ce projet d’accord cadre définissant les relations entre le futur gouvernement de Nankin et Tokyo qui est âprement négocié par l’équipe de Kagesa et celle de Wang du 1er au 12 novembre 1939. Intervenant en personne durant ces discussions, Kagesa se montre un négociateur intransigeant sur le fond, même s’il consent parfois des compromis sur la forme, par exemple en renommant les “avantages spéciaux” accordés au Japon en matière économique “facilités spéciales”.

Alors que les représentants de Wang Jingwei, Zhou Fohai en tête, considèrent les clauses imposées par Kagesa comme inacceptables, ce dernier les pousse à signer rapidement le projet d’accord afin d’enclencher la formation concrète du nouveau régime. À la demande de Wang Jingwei, il se rend à Tokyo le 16 novembre pour obtenir de ses supérieurs un adoucissement des conditions japonaises. Le ministre de l’Armée, Hata Shunroku, lui répond en substance que si des concessions ne sont pas exclues, le gouvernement japonais préfère les garder pour d’éventuelles négociations avec Jiang Jieshi. De retour à Shanghai avec l’ordre d’aboutir rapidement à un accord, Kagesa obtient de Wang Jingwei qu’il signe, le 30 décembre 1939, les textes de ce qu’il nomme l'”accord interne” (naiyaku 內約), dont le contenu est divulgué au public, le 21 janvier 1940, par Gao Zongwu et de Tao Xisheng. Après avoir fait approuver l’accord en conseil des ministres, Kagesa organise l’intégration dans le futur gouvernement des collaborateurs chinois déjà en place à Pékin et à Nankin, dont l’entente forcée avec Wang Jingwei est mise en scène lors du sommet de Qingdao fin janvier 1940. Principal architecte japonais du Gouvernement national réorganisé, qui est inauguré le 30 mars 1940, Kagesa hérite logiquement d’un poste de premier plan dans le nouveau régime, celui de conseiller militaire suprême (zuigao junshi guwen 最高軍事顧問).

Dans ses mémoires et, plus tard, dans sa déposition lors du Procès de Tokyo, Kagesa minimise l’étendue des pouvoirs que lui confère cette fonction : “le conseiller économique suprême Aoki [Kazuo] comme moi-même, le conseiller militaire suprême, avions été désignés [shimei 指名] et invités [shōhei 招聘] par Wang Jingwei. Il ne s’agissait en rien du résultat d’une quelconque pression de la part du Japon. Ces conseillers agissaient en fonction d’un contrat [komon yakujō 顧問約定]. Ils répondaient aux questions et exprimaient leur avis au moment adéquat, mais sans jamais donner d’ordres, s’ingérer ou inspecter. Non seulement leur accord n’était pas requis pour prendre une mesure, mais ils dépensaient beaucoup d’énergie à intercéder auprès du Japon en faveur du gouvernement de Wang Jingwei afin que lesdites mesures puissent être appliquées” (Kagesa 1966, p. 395). En réalité, Kagesa incarne pleinement le “guidage interne” (naimen shidō 内面指導) qu’exerce l’armée japonaise sur les gouvernements collaborateurs depuis le début de l’occupation. Alors même que le groupe de Wang avait insisté pour que les “conseillers” japonais n’aient qu’une fonction technique et non pas politique – synonyme d’ingérence, Haruke Yoshitane reconnaît dans ses mémoires que Kagesa “jouait en réalité un rôle de conseiller politique, en donnant son cap [au gouvernement] à la place de Wang Jingwei” (Haruke 1985, p. 171).

De fait, Kagesa s’ingère dans la répartition des postes gouvernementaux. Très méfiant à l’égard de Li Shiqun, qu’il qualifie devant Zhou Fohai de “cancer” pour le régime de Nankin, il préconise en juillet 1941 de supprimer le ministère de la Police (jingzhengbu 警政部) pour limiter les pouvoirs grandissants de Li. Confronté au refus de Wang Jingwei, dont Li Shiqun a su s’attirer les faveurs, Kagesa finit par imposer sa volonté lors du remaniement du 16 août 1941. S’il outrepasse donc régulièrement le périmètre de son poste, Kagesa ne s’en consacre pas moins à sa tâche de conseiller militaire. À ce titre, sa principale mission est de doter le régime de Nankin d’une armée doublement loyale au projet du Mouvement pour la paix et aux forces d’occupation. Lucide sur l’échec de cette entreprise, Kagesa constate dans ses mémoires qu’il était plus aisé pour le Gouvernement national réorganisé d’obtenir le soutien de la population que de recruter des troupes de qualité, tant le nationalisme anti-japonais est fort chez les militaires chinois. L’essentiel des soldats amenés à servir pour Nankin ne sont, aux yeux de Kagesa, qu’un ramassis de “bandits [dohi 土匪]” vendant leurs services à l’occupant. Alors qu’il entend appliquer un mode de recrutement très sélectif, Kagesa est contraint d’intégrer dans la nouvelle armée un certain nombre de régiments chinois déjà constitués par les armées japonaises. Les seules troupes de qualité sont formées par les soldats de Chongqing faits prisonniers.

Kagesa s’implique également dans la “diplomatie” du régime de Nankin. En juin 1941, il organise la première visite d’État de Wang Jingwei au Japon après la reconnaissance de son gouvernement par Tokyo six mois plus tôt. Une nouvelle fois, Kagesa doit surmonter de fortes résistances dans son propre camp, notamment de la part des autorités centrales du Kōa-in. Kagesa affirme dans ses mémoires avoir exhorté le premier ministre Konoe d’amender l’accord cadre signé entre Tokyo et Nankin, afin de mieux respecter l’esprit de sa déclaration du 22 décembre 1938 appelant à une coopération sincère entre les deux pays. Konoe, écrit-il, ne se montre pas disposé à suivre ses conseils. Son cabinet est alors avant tout préoccupé par l’amélioration des relations sino-américaines ; objectif au regard duquel le soutien de Tokyo à Nankin constitue une entrave. Les efforts de Kagesa en faveur d’une plus grande autonomie des collaborateurs chinois semblent bien réels, ce qui n’empêche pas une certaine méfiance de la part de ces derniers. Lorsque, le 9 mai 1940, Kagesa conseille à Zhou Fohai de ne pas faire trop de concessions vis-à-vis des autorités de Pékin qui entendent conserver leur autonomie douanière, Zhou note dans son journal : “Seuls les faits nous diront si ces paroles sont sincères ou calculées.” Cet engagement de Kagesa dans la défense des intérêts de Nankin est, de fait, notamment visible dans le domaine stratégique de l’approvisionnement en grain. Après sa formation en mars 1940, le Gouvernement national réorganisé cherche à prendre le contrôle de ce secteur tombé dans l’escarcelle de l’armée japonaise. Si Kagesa obtient gain de cause auprès de ses supérieurs, il échoue en revanche à faire pleinement appliquer leur décision sur le terrain en raison du refus de ses subalternes de rétrocéder des parcelles de souveraineté aux nouvelles autorités de Nankin. Ces résistances internes au camp japonais sont symptomatiques des pouvoirs limités de Kagesa au sein de l’État d’occupation. Zhou Fohai en fait le constat le 19 août 1941 dans son journal personnel : “Kagesa est clairvoyant et franc. Sa volonté d’aider notre gouvernement est sincère. Cependant, pour ce qui est des choses concrètes, il se laisse facilement abuser par ses subalternes“.

Kagesa a conscience que les rivalités entre les différentes autorités japonaises présentes en Chine (armées, représentation diplomatique et Kōa-in) sont autant de freins au bon fonctionnement de l’État d’occupation. Fin juillet 1941, lorsque l’ambassadeur du Japon à Nankin, Honda Kumatarō, présente (en vain) sa démission, Kagesa suggère que le poste d’ambassadeur soit désormais cumulé par le commandant en chef de l’Armée expéditionnaire de Chine. Il est sans doute inspiré par le cas du Manzhouguo, où le commandant de l’Armée du Guandong cumule, après 1932, les postes de gouverneur-général du Guandong et d’ambassadeur. Si cette proposition fait sens du point de vue de l’efficacité administrative, elle est très maladroite d’un point de vue politique : la présence d’une représentation diplomatique civile vise précisément à maintenir la fiction selon laquelle le Japon traite Nankin comme un gouvernement souverain, quand bien même cette souveraineté est quotidiennement enfreinte par l’armée japonaise. Un incident impliquant Kagesa met en lumière ce manque de considération pour la voie diplomatique. Le 10 octobre 1941, Zhou Fohai apprend que le premier ministre Konoe Fumimaro est furieux contre Wang Jingwei, dont il croit qu’il a révélé à l’ambassadeur Honda l’existence de négociations secrètes avec Washington visant à trouver un accord avec Chongqing. En réalité, Honda a eu vent de ces tractations par Kagesa. Particulièrement vexé, il se plaint auprès du ministre des Affaires étrangères Toyoda Teijirō 豊田貞次郎 (1885-1961) qui reproche à son tour à Konoe de ne pas avoir été impliqué. Kagesa ne croit pas dans le succès de cette énième tentative japonaise de trouver une solution diplomatique au conflit. Devant Zhou Fohai, qui partage son pessimisme, Kagesa se lamente du manque de talents au sein du gouvernement japonais et des changements de politiques incessants de ce dernier. S’il continue à être impliqué indirectement dans les tentatives japonaises de reprendre langue avec Chongqing, Kagesa ne partage pas l’avis de certains responsables japonais qui espèrent encore amener Jiang Jieshi à la table des négociations. Comme il l’explique le 7 février 1942 à Zhou Fohai, Kagesa pense que Jiang est convaincu que les Alliés l’emporteront dans les trois ou quatre années à venir, et qu’il n’a donc aucune raison de chercher une paix séparée avec le Japon.

Cette proximité avec les dirigeants de Nankin est-elle à l’origine de sa mutation dans le Nord de la Mandchourie à l’été 1942? La durée de son mandat comme conseiller suprême laisse penser qu’il s’agit d’une mutation de routine, suivant le renouvellement habituel des cadres dirigeants japonais, qui circulent d’un poste à l’autre dans l’empire. La destination de cette mutation, toutefois, ne peut être considérée comme une promotion pour un personnage de l’envergure de Kagesa. Si le bruit de ce départ court depuis plusieurs mois à Nankin, sa confirmation le 12 mai 1942 consterne les dirigeants chinois. Zhou Fohai craint que la capacité de son gouvernement à peser dans les décisions le concernant ne s’en trouve grandement amoindrie. Wang Jingwei envoie un télégramme au premier ministre Tōjō Hideki 東條英機 (1884-1948) pour lui demander, sans succès, de surseoir à cette décision. Le 15 juin 1942, en guise de cérémonie d’adieu, Zhou Fohai et Chen Gongbo accompagnent Kagesa au Chongguangtang de Shanghai, où le Mouvement pour la paix a vu le jour plus de trois ans auparavant. Signe des circulations impériales à l’œuvre, Kagesa est remplacé par l’ancien conseiller militaire suprême de l’Armée du Manzhouguo, Matsui Takurō, tandis qu’il est nommé commandant de la 7e division d’artillerie (dai 7 hōhei 第7砲兵) postée au Manzhouguo. Malgré l’éloignement, Kagesa n’en reste pas moins en contact avec Zhou Fohai, qu’il rencontre secrètement à Harbin les 13 et 14 avril 1943. Après le départ de Shibayama Kenshirō en août 1944, Zhou tente même, en vain, d’obtenir du gouvernement japonais que Kagesa soit de nouveau nommé à Nankin.

Promu général de division (chūshō 中将) en décembre 1942, Kagesa est muté en juin 1943 en Nouvelle-Bretagne (île occidentale de la Nouvelle-Guinée), à la tête des quelque 13 000 hommes que compte la 38e division (dai 38 shidan 第38師団). Le 13 décembre 1943, il achève à Rabaul la rédaction de courts mémoires intitulés Sozorogaki 曾走路我記 (Notes sur le chemin parcouru), dans lesquels il aborde presque uniquement son rôle aux côtés du groupe de Wang Jingwei pendant la guerre. Posté sur l’un des champs de battaille les plus sanglants de la Guerre du Pacifique, Kagesa fait, semble-t-il, partie des officiers ayant ordonné à leurs hommes de se suicider plutôt que de se rendre aux forces alliées qui finissent par s’emparer de l’île le 6 septembre 1945.

En décembre 1945, Kagesa est désigné comme criminel de guerre par le gouvernement chinois qui exige son arrestation, mais il n’est pas jugé en raison de sa tuberculose. Il est néanmoins convoqué en tant que témoin au Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, notamment à propos de la genèse du régime de Nankin. Démobilisé en mai 1946, il est hospitalisé et meurt le 10 septembre 1948 des suites de sa maladie à l’âge de 56 ans. Son petit-fils Tanigaki Sadakazu 谷垣禎一 (1945-) est un homme politique important. Il a dirigé le Parti libéral-démocrate (jimintō 自民党) durant sa courte période dans l’opposition (2009-2012) et occupé plusieurs postes ministériels, notamment à la Justice (2012-2014).

Sources : NRSJ, p. 45, 142, 397 ; Kagesa 1966 ; Tobe 1999, p. 160, 185, 204 sqq. ; Mercado 2002, p. 2-3 ; The China Weekly Review, 12/01/1935, 19/01/1935, 29/08/1936, 05/09/1936 ; The North China Herald, 04/09/1935 ; Inukai 1984, p. 129 ; Boyle 1972, p. 136, 179, 266 ; Bunker 1972, p. 71-78 ; Liu Jie 1995, p. 62-79 ; Shao Minghuang 1990, p. 28 ; Shao Minghuang 1999a ; HSN, p. 189, 194-195 ; JACAR B02030519000 ; Yamamoto 2011, p. 9-11, 140-153 ; Kitaoka 1939, p. 350 ; Jiang Nanchun 1981, p. 104 ; ZR, p. 231-232, 291, 298-299, 494, 506, 527, 530, 571, 602, 615, 648, 731, 919  ; Masui 2009, p. 299-317 ; Haruke 1985, p. 171 ;  Wikipedia.

Pour citer cette biographie : David Serfass, "Kagesa Sadaaki  影佐禎昭 (1893-1948)", Dictionnaire biographique de la Chine occupée, URL : https://bdoc.enpchina.eu/bios/kagesa-sadaaki/, dernière mise à jour le 18 mars 2024. 

English (automatic translation)

Born into a family of bushi serving the Asano clan 淺野, which headed the Hiroshima domain, Kagesa Sadaaki 影佐貞秋 (1892-1956) was, so to speak, the most advanced version of a Shinatsū 支那通 (China specialist). As such, he played a decisive role in the establishment of the new Chinese central government led by Wang Jingwei in 1940. After graduating from the Army Academy (Rikugun Shikan Gakkō 陸軍士官学校) in 1914, Kagesa graduated at the top of his class from the Army War College (Rikugun Daigakkō 陸軍大学校) in 1923. Between 1925 and 1928, he completed his officer training by taking courses in the Faculty of Political Studies (seijika 政治科) at Tokyo Imperial University. From April 1929, he stayed in Zhengzhou 鄭州 (Henan) and Shanghai as a “researcher on China” (Shina kenkyūin 支那研究員). In his memoirs, he explained that he was particularly struck by the spread of anti-Japanese sentiment in Chinese society, especially among children, due to the propaganda and educational system of the Nationalist Government. After two years on the continent, Kagesa joined the China Section (Shina-ka 支那課) of the Army General Staff (sanbōhonbu 参謀本部) in March 1931. On September 4, 1931, a few days before the Mukden Incident, he declared that Jiang Jieshi‘s belligerent attitude toward Japan made war difficult to avoid and called for supporting the army if a conflict were to occur.

This hard line is characteristic of the third generation of Shinatsū, who began to occupy important positions in the early 1930s. With even more advanced expertise on China, having gone through the training system for “researchers on China” established by the army between 1922 and 1936, these officers had in common that they had not been immersed in the warlords politics and had not, like Sasaki Tōichi 佐々木到一 (1886-1955), supported the reunification of China by Jiang Jieshi, before experiencing the “Jinan Incident” (May 1928) as a betrayal. As the main representative of this generation, Kagesa thus immediately harbored great distrust toward the GMD. More broadly, his attitude reflected the politicization of mid-ranking officers at the turn of the 1930s within ultra-nationalist secret societies. This was the case with Kagesa, who was then a member of the Cherry Blossom Society (sakurakai 桜会), alongside other Shinatsū such as Wachi Takaji and Imai Takeo. The society was involved in two attempted coups in 1931: the “March Incident” (sangatsu jiken 三月事件) and the “October Incident” (jūgatsu jiken 十月事件), also known as the “Imperial Colors Incident” (kinki kakumei jiken 錦旗革命事件). Their objective was “national reconstruction” (kokka kaizō 国家改造), which was to be achieved through the physical elimination of leaders seeking to curb Japanese expansionism on the continent.

Kagesa returned to China in January 1932, while fierce battles were raging in Shanghai. He was detached to the China Garrison Army (Shina chūtongun 支那駐屯軍) stationed in Tianjin. In June 1932, he was sent to Europe, notably to Geneva, where he assisted the Japanese delegation to the League of Nations in the context of the Lytton Commission, which submitted its report on the invasion of Manchuria in October. Once Japan’s departure from the League of Nations was finalized in February 1933, Kagesa resumed his post in Tianjin within the China Garrison Army, which faced rising tensions in North China as the Kwantung Army (Kantō-gun 関東軍) sought to extend its influence south of the Great Wall. In July 1933, he was recalled to Tokyo to head the China Board (Shina-han 支那班) within the China Section (Shina-ka). In August 1934, he was appointed to Shanghai as assistant to the military attaché of the legation (chūzai bukan hosakan 駐在武官補佐官) Suzuki Yoshiyuki 鈴木美通 (1882-1956), and then to his successor, Isogai Rensuke 磯谷廉介 (1886-1967), in March 1935. Accompanying the latter during a visit to the Sun Yat-sen Mausoleum near Nanjing, Kagesa refused to comply with the ritual of homage, which earned him a reprimand from Isogai. He did not hesitate to take a public stance on Sino-Japanese relations, as he did in two editorials published on January 1 and 4, 1935, in the Shanhai Mainichi shinbun 上海毎日新聞, addressed to the Japanese residents of Shanghai. In them, he denounced the attitude of the Nanjing nationalist authorities, who, according to him, were making extensive preparations to oppose Japan, adding that this policy went against the will of the Chinese masses, who were committed to the security and profits of economic cooperation between China and Japan. His attacks were particularly aimed at Prime Minister Wang Jingwei, who now also held the portfolio of Foreign Affairs. In Kagesa’s eyes, the appointment of a leader perceived as “pro-Japanese” like Wang was only a subterfuge by the GMD to mislead Tokyo’s vigilance. Rumors circulated in the following days that Kagesa had asked to be received by Jiang Jieshi to clarify the situation. This uncompromising attitude was also visible at the time of the “Xinsheng Incident” (Shinsei jiken 新生事件), triggered by the publication on May 4, 1935, of an article mocking Emperor Shōwa in the Shanghai magazine Xinsheng 新生 (New Life). Considering the Chinese government’s apologies insufficient, Kagesa asked his superiors to be able to take measures against the GMD’s activities in Shanghai. This request was not heeded by the Tokyo authorities, who were then concerned about not undermining the fragile détente with Nanjing, symbolized by the elevation, on May 17, 1935, of the Japanese legation in China to the rank of embassy. According to his memoirs written in 1943, it was at this time that Kagesa developed a great respect for Wang Jingwei. The Sino-Japanese détente also resulted in the restoration of postal and air links between Manchuria and China proper. At the forefront of controversial negotiations on the subject, Vice Minister of Foreign Affairs Tang Youren 唐有壬 (1894-1935) was supported by Wang.

In August 1935, Kagesa was transferred to the Military Affairs Bureau of the Army Ministry (rikugun-shō gunmu-kyoku 陸軍省軍務局), where he was responsible for Sino-Japanese relations. He perceived British aid, embodied by Frederick Leith-Ross (1887-1968), in the Chinese monetary reform of 1935 as a threat to the “adjustment” of these relations in Japan’s favor. He also deplored the lack of cohesion among Japanese authorities vis-à-vis the Chinese government. Kagesa was convinced that the Sino-Japanese détente, which had been greeted with enthusiasm by a part of the Japanese camp, did not solve the fundamental problem of Nanjing’s intrinsically anti-Japanese attitude. During meetings with his counterparts in the Ministry of the Navy and Foreign Affairs, he strove to impose a common policy aimed at obtaining the Chinese government’s acceptance of the three principles formulated in October 1935 by Hirota Kōki. This was particularly the case in August 1936, when Kagesa traveled to Changchun for a three-day summit before heading to Shanghai via Tianjin and Qingdao. Upon his return to Japan, he was transferred to the 2nd Infantry Regiment (yahō daini rentai 野砲第二聯隊) in Sendai.

Appointed head of the 7th Section of the 2nd Bureau of the General Staff (China Section) in August 1937, Kagesa left it in November to create and lead the 8th Section, known as the “Stratagems Section” (bōryaku-ka 謀略課). Its mission was to achieve military objectives in China by non-military means. Admired for his intellect and feared for the blunt way he expressed his ideas, Kagesa embodied a new conception of Japanese strategy in China. The 8th Section aimed to carry a broader vision than that of the Shinatsū of the China Section, known for their plots targeting the warlords and their analytical errors. Kagesa studied several plans to cut the external supply lines of the Chinese government. In the south, he planned to foment strikes in the ports of Hong Kong, Haiphong, and Hanoi. In the north, there was talk of organizing a Muslim uprising in Xinjiang to disrupt Soviet aid. None of these ambitious stratagems materialized. In June 1938, they gave way to a series of “missions” (kōsaku 工作) aimed at destabilizing the Chinese camp and recruiting high-profile collaborators, as the great offensive against Wuhan, the provisional capital of the Nationalist Government, was underway. The supervision of these operations was entrusted to the most famous representative of the second generation of Shinatsū, Doihara Kenji.

In the meantime, Kagesa found himself involved in the prelude to the operation that would lead to Wang Jingwei‘s defection on December 18, 1938. A year earlier, the hope of a lightning victory over China had been dashed by the resistance of enemy troops in Shanghai and the resilience of a Nationalist Government that refused an armistice despite the bloody loss of its capital. Faced with this situation, Japanese leaders were divided between those who wished to push the Japanese advantage by refusing any compromise and those who, fearing a quagmire that would weaken Japan against its true enemies (the communists, or even the West), favored a de-escalation of the conflict. Following Ishiwara Kanji, a visionary hero among the officers of his generation for his role in the Mukden Incident, Kagesa adhered to this second position. The failure of the Sino-Japanese negotiations in December 1937 and pressure from a faction of the army pushed Prime Minister Konoe Fumimaro 近衛文麿 (1891-1945) to support the former on January 16, 1938, by declaring that Japan would henceforth cease all contact with the GMD and calling for the formation of a new central government in China. With Ishiwara having been transferred to Manchuria, it fell to Kagesa to represent his line in Tokyo alongside, notably, the Vice Chief of Staff Tada Hayao 多田駿 (1882-1948). However, they should not be seen as doves opposing the expansionist hawks. The main point of contention was not about the objective itself, which was unanimously agreed upon: to compel the Chinese government to “adjust” its policy in Japan’s favor. Rather, the division arose primarily over the choice of strategy to pursue – whether to employ military or diplomatic means to achieve this shared goal. The first line, made official on January 16, was challenged as early as February 16 thanks to the support provided by the Emperor to Tada.

On that same day, Kagesa met in Yokohama with Dong Daoning 董道寧 (1902-c.1940), an assistant to Gao Zongwu who had been secretly dispatched by the latter to sound out the Japanese government’s position on a possible resumption of peace discussions. This meeting was arranged from China by Matsumoto Shigeharu, whose wife was friends with Kagesa’s wife. Kagesa entrusted Dong with two letters addressed to Zhang Qun 張羣 (1889-1990) and He Yingqin 何應欽 (1890-1987), whom he had known at the Army Academy, from which He had graduated two years after him. He preferred not to write directly to Jiang Jieshi for fear of violating the government line adopted on January 16, and because he considered his rank too modest to address a generalissimo. Calling for the resumption of a sincere dialogue leaving aside past grievances, Kagesa expressed his conviction that “Japan, the country of the Way of the Warrior [武士道国日本],” was ready to negotiate. The fate of these letters is uncertain. Gao claimed after the war that he had delivered them personally to Jiang Jieshi on April 14, 1938. However, he denied having conveyed, two days later, an oral response to these letters in the presence of Nishi Yoshiaki, in which Jiang allegedly expressed his willingness to discuss the status of Manchuria and Mongolia, provided that Chinese sovereignty was restored south of the Great Wall. The warning shot of Tai’erzhuang 台兒莊 – a symbolic Chinese victory in the spring of 1938 in the Xuzhou campaign won by Japan – ended up giving the advantage to the line defended by Tada and Kagesa. In the ministerial reshuffle that followed, Kagesa was appointed head of the Military Affairs Section (gunmu kachō 軍務課長) in June 1938; a secondary post in the Army Ministry, but one that made him the principal adviser to the new minister, Itagaki Seishirō. Moreover, Kagesa maintained excellent relations with Konoe’s Cabinet Secretary, Kazami Akira 風見章 (1886-1961), who allowed him to draw on the government’s secret funds to finance the channel opened by Dong’s visit.

This negotiation channel reached a new stage with Gao Zongwu‘s visit to Japan in July 1938. During two meetings with the Chinese diplomat in Hakone, Kagesa notably indicated that Jiang Jieshi‘s resignation remained a sine qua non condition for negotiations to begin between Tokyo and Chongqing, a way of relaunching discussions without completely disavowing the January 16 declaration. According to the notes taken by Gao during this meeting, Kagesa allegedly proposed that Wang Jingwei replace Jiang Jieshi  as head of the National Government; a suggestion to which Gao reportedly demanded not be mentioned again, threatening to cease all discussions if it were. In his memoirs, Kagesa does not mention this condition but states that Gao had raised the possibility of establishing, outside the National Government, a movement in favor of peace under the leadership of Wang Jingwei in order to convince Jiang Jieshi to opt for negotiations with Japan; a project conceived shortly before by Gao and Matsumoto Shigeharu, according to the latter’s memoirs. In August 1938, Kagesa actively participated in the Japanese government’s adoption of the “Policy for Adjusting New Sino-Japanese Relations” (Nisshi shin kankei chōsei hōshin 日支新関係調整方針), drafted by Colonel Horiba Kazuo 堀場一雄 (1900-1953) within the War Guidance Section (sensō shidō-han 戦争指導班) of the Army General Staff. This text, made official on November 30, 1938, at an Imperial Conference (gozen kaigi 御前会議), defined the line that the Japanese subsequently followed in all their negotiations with representatives from both Chongqing and the Wang Jingwei group.

This was particularly the case during the secret discussions that took place from November 12 to 20, 1938, at the Chongguangtang 重光堂 in Shanghai, during which the Chinese side, led by Gao Zongwu, agreed with the Japanese side, represented by Imai Takeo, on the project of a Peace Movement led by Wang Jingwei. Kagesa participated in the final phase of the discussions on November 19 and 20. While he presents in his memoirs the main text on which the negotiators agreed as similar, with a few modifications, to Horiba’s “Adjustment Policy,” these differences were the source of a fatal misunderstanding for Wang Jingwei‘s reputation. Indeed, Wang’s defection on December 18 was based notably on the promise made in Shanghai that Japan would commit to withdrawing its troops within two years. However, this promise, absent from the “Adjustment Policy” approved in Tokyo, was not mentioned by Prime Minister Konoe in his speech on December 22, thus depriving Wang Jingwei of a major argument in favor of peace negotiations. Kagesa justified himself by invoking the pressures exerted within the army against such a promise. Although Kagesa later managed to gain the trust of the Wang group, one might question whether he truly demonstrated toward the latter the “sincerity” he would later claim in his memoirs. The testimony of diplomat Tajiri Akiyoshi casts doubt on this. Before his departure for Hong Kong, where he was appointed consul-general on December 2, 1938, to facilitate negotiations with the Wang group, Tajiri asked him whether these negotiations were sincere or merely another stratagem to weaken Chongqing. Kagesa reportedly replied that it was indeed a “stratagem [bōryaku 謀略].”

While the “Wang Jingwei Operation” had previously been just one of many destabilization efforts undertaken since the start of the war, it took a significant turn in March 1939. Following the failure of the operation targeting Wu Peifu 吳佩孚 (1874-1939) led by Doihara Kenji, Kagesa was entrusted on March 19 with the direction of the project for a “new Chinese central government.” To ensure the full support of the Tokyo authorities, he surrounded himself with a team in which the various forces at the top of the Japanese state were represented. In addition to the Army, from which he himself came, the Navy sent Rear Admiral Suga Hikojirō 須賀彥次郎 (1889-1941), while the Gaimushō and the Kōa-in were represented by Yano Seiki 矢野征記 (1900-1975), and Inukai Ken, already involved in the operation targeting Wang, represented the Diet. On the night of March 20-21, Wang Jingwei was the victim of an assassination attempt ordered by Chongqing, in which his secretary Zeng Zhongming lost his life. Kagesa’s political operation then turned into a rescue mission. Departing on April 6 aboard the Hokkōmaru 北光丸 (Northern Light), Kagesa and Inukai Ken arrived in Hanoi on April 17. For security reasons, Wang Jingwei and Kagesa left separately before reuniting on the Hokkōmaru off the coast of Hainan to travel together to Shanghai, where they disembarked on May 6. During the trip, punctuated by a stopover in Taiwan, Kagesa had the opportunity to become better acquainted with Wang during daily meetings in which the latter outlined his plan for a government in the occupied zone.

Upon their arrival in Shanghai, Wang asked Kagesa to organize a visit to Tokyo to obtain guarantees. Having failed to agree on the form that the “new Chinese central government” should take, the Japanese authorities attempted to postpone Wang‘s visit, as he already appeared more of a problem than a solution to resolving the “China Incident.” Kagesa protested, saying he feared that a postponement would cause the “Wang Jingwei Operation” to fail. He finally obtained the green light to accompany Wang and his associates on a visit to Japan between May 31 and June 12, 1939. On June 6, the Cabinet of Hiranuma Kiichirō finally arrived at a plan for a Chinese central government in which the Wang group was just one actor among others within a confederal structure, the opposite of Wang’s plan. However, this project of a confederal China, with Wu Peifu and Wang Jingwei as its two most prominent faces, Wu in the North and Wang in the South, never materialized and disappeared with Wu’s death in December 1939. From the summer of 1939, Kagesa set about making possible the “return to the capital” (huandu 還都) of a “Reorganized National Government” desired by the Wang group, that is, the exact antithesis of this confederal project. The team of Japanese military and civilian personnel he had formed in March was institutionalized to become, on August 21, 1939, the Plum Agency (ume kikan 梅機関), named after the Hall of Plum Blossoms (baikadō 梅華堂) where it set up its offices in the Japanese quarter of Shanghai. Unlike the agencies of the army’s special services already active in occupied China, this organization was placed under the direct authority of the Five Ministers’ Conference (goshō kaigi 五省会議), which brought together, around the Prime Minister, the ministers of Foreign Affairs, Army, Navy, and Finance. In addition to the names already mentioned, Kagesa, promoted for the occasion to the rank of Major General (shōshō 少将), brought into his agency several Army officers, such as Lieutenant Colonel Ichida Jirō 一田次郎 (1894-1962), later replaced by Colonel Yahagi Nakao 谷萩那華雄 (1895-1949), Commander Tsukamoto Makoto 塚本誠 (1903-1975), as well as two officers who would go on to play major roles within the Wang Jingwei government: Haruke Yoshitane and Okada Yūji. Over the weeks, the agency’s staff expanded to around thirty members, including diplomats such as Shimizu Tōzō, economists such as Kitayama Fukujirō 北山富久二郎 (1901-1984) and Suehiro Kōjirō 末広幸次郎 (1891-1967), as well as journalists such as Kamio Shigeru 神尾茂 (?-1946) and Hata Hiroshi 波多博.

Indeed, before being a political, military, and economic project, the formation of the new government was a public relations operation in both China and Japan. Before the war, Kagesa had cultivated contats with members of the press, whom he then sought to mobilize to promote his actions alongside Wang Jingwei. He had become acquainted with Kamio, a former Nanjing correspondent for the Ōsaka Asahi Shinbun 大阪朝日新聞, through the East Asia Problem Research Association (tōa mondai chosa kai 東亜問題調査会) founded in 1934 by one of the Asahi‘s top executives, Ogata Taketora 緒方竹虎 (1888-1956). Kamio’s recruitment in 1939 was aimed at winning over the prestigious newspaper to the cause of the “Wang Jingwei Operation,” which was, at the same time, the subject of debate in Japan. In China itself, Kagesa could count on the support of the Tairiku Shinpō 大陸新報 (Continental News), the main Japanese-language newspaper in the lower Yangtze region, of which he was one of the initiators. In the aftermath of the capture of Nanjing in December 1937, Kagesa had indeed gone to the headquarters of the Asahi to convince its management to launch a daily newspaper in Shanghai with the support of the army. This project eventually led to the creation of the Tairiku shinpō, born on January 1, 1939, from the merger of the Shanhai Nippō 上海日報 (The Shanghai Daily), led by Hata, with several Japanese newspapers.

In his memoirs, Kagesa presents the Plum Agency as a bastion within the Japanese camp seeking to enforce the principles defined by Konoe on December 22, 1938. He summarizes his mission in one sentence: to ensure that “Wang’s government is not a Japanese puppet.” Like the memoirs of other Japanese “peace advocates” published after the war, this testimony tends to portray Kagesa in a positive light, while remaining silent about the reality of his actions in China, particularly the abuses committed under his orders against the Chinese who refused to participate in the “Peace Movement.” In any case, it is a fact that Kagesa thereafter regularly took a stand in favor of the Wang group, which earned him the latter’s trust and friction with his superiors. However, this attitude was in no way contradictory to his concern to defend above all his country, whose interest, according to him, was to support a Chinese government with sufficient leeway to hope to appear somewhat legitimate. The historian John H. Boyle writes on this subject: “I have found no reason to doubt the universal judgment of his former associates that Kagesa was an eminently honest officer who was determined to justify Wang‘s trust in him. Kagesa’s openness with Wang extended to at least one unauthorized disclosure of secret papers to Wang‘s followers, an act that earned him much criticism in the Army General Staff. But from his memoirs it is clear that he felt his role as a loyal officer of the Emperor was completely compatible with his attempts to secure for Wang the best peace terms Japan could reasonably offer” (Boyle 1972, p. 238-239). It can be added that by making himself the champion of Wang Jingwei within the Japanese camp, Kagesa put his own legitimacy at stake, which now depended on the success of the new central government project. More broadly, the conditions offered to Wang‘s group were perceived as too generous in Japan. On January 16, 1940, Kagesa thus explained to Zhou Fohai, “Some Chinese consider Wang Jingwei and his comrades to be traitors to the nation [hanjian 漢奸], while the proponents of Japanese imperialism see Itagaki and myself as traitors to the homeland [guozei 國賊]. We must collaborate to the end without fail. In ten years, the Chinese will be grateful to Wang and the Japanese to us” (ZR, p. 231-232).

The establishment of the new regime proved to be a rocky path for Kagesa. In China, he had to face obstruction from Japanese officers who “advised” the already established regional governments, notably Kita Seiichi in Beijing and Harada Kumakichi in Nanjing. Both viewed with disfavor a centralization that came at the expense of their own power, especially under the leadership of a younger officer who had just been promoted to Major General while they were already Lieutenant General (chūshō 中将). In Japan, Kagesa had to deal with central authorities who were not particularly concerned with accommodating Wang Jingwei. In his memoirs, he claims to have been very surprised when he learned, in early October 1939, of the new terms of collaboration demanded by his country. These terms resulted from a process that he himself had initiated. Wishing to have a more concrete document than Konoe’s third declaration, he advised his superiors, in the summer of 1939, to prepare an agreement that could be signed by Wang Jingwei. The central bodies of the Kōa-in then worked on the issue. Kagesa expected their text to faithfully reproduce Horiba’s “Adjustment Policy.” In early October 1939, Horiba arrived in Shanghai with the document prepared by the Kōa-in. While it was indeed based on his “Adjustment Policy,” the document had been embellished with unprecedented clauses that removed additional regions from the authority of the future regime and granted Japan further privileges. According to Kagesa, Horiba then asked him if, under these conditions, Wang had a chance of gaining the support of the Chinese population. “None,” Kagesa allegedly replied. Despite his anger towards the Kōa-in, he chose not to directly oppose his superiors. He handed the draft agreement as it was to Wang Jingwei to get his opinion on the subject and make any necessary modifications. This draft framework agreement defining the relations between the future Nanjing government and Tokyo was fiercely negotiated by Kagesa’s team and Wang‘s from November 1 to 12, 1939. Intervening personally during these discussions, Kagesa proved to be an uncompromising negotiator on substance, even if he sometimes agreed to compromise on form, for example by renaming the “special advantages” granted to Japan in economic matters as “special facilities.”

While Wang Jingwei‘s associates, led by Zhou Fohai, considered the clauses imposed by Kagesa to be unacceptable, the latter urged them to quickly sign the draft agreement in order to initiate the concrete formation of the new regime. At Wang Jingwei‘s request, Kagesa went to Tokyo on November 16 to obtain from his superiors a softening of the Japanese conditions. The Minister of the Army, Hata Shunroku, responded in substance that while concessions were not out of the question, the Japanese government preferred to keep them for possible negotiations with Jiang Jieshi. Back in Shanghai with orders to quickly reach an agreement, Kagesa obtained Wang Jingwei‘s signature, on December 30, 1939, on the texts of what he called the “internal agreement” (naiyaku 內約), the content of which was disclosed to the public on January 21, 1940, by Gao Zongwu and Tao Xisheng. After having the agreement approved by the cabinet, Kagesa orchestrated the integration into the future government of the Chinese collaborators already in place in Beijing and Nanjing. Their forced agreement with Wang Jingwei was staged during the Qingdao summit in late January 1940. As the main Japanese architect of the Reorganized National Government (RNG), which was inaugurated on March 30, 1940, Kagesa logically inherited a leading position in the new regime, that of Supreme Military Advisor (zuigao junshi guwen 最高軍事顧問).

In his memoirs and, later, in his testimony during the Tokyo Trial, Kagesa downplayed the extent of the powers conferred upon him by this position: “The Supreme Economic Advisor Aoki and myself, the Supreme Military Advisor, had been designated [shimei 指名] and invited [shōhei 招聘] by Wang Jingwei. This was in no way the result of any pressure from Japan. These advisors acted according to a contract [komon yakujō 顧問約定]. They answered questions and expressed their opinions at the appropriate time, but without ever giving orders, interfering, or inspecting. Not only was their agreement not required to take a measure, but they expended a great deal of energy interceding with Japan on behalf of the Wang Jingwei government so that said measures could be implemented” (Kagesa 1966, p. 395). In reality, Kagesa fully embodied the “internal guidance” (naimen shidō 内面指導) that the Japanese army had exercised over the collaborationist governments since the beginning of the occupation. Even though the Wang group had insisted that the Japanese “advisors” have only a technical and not a political function – synonymous with interference – Haruke Yoshitane acknowledged in his memoirs that Kagesa “actually played the role of a political advisor, setting the course [for the government] in place of Wang Jingwei” (Haruke 1985, p. 171).

In fact, Kagesa interfered in the allocation of government posts. Highly suspicious of Li Shiqun, whom he described to Zhou Fohai as a “cancer” for the Nanjing regime, Kagesa advocated in July 1941 for the abolition of the Ministry of Police (jingzhengbu 警政部) to limit Li‘s growing powers. Faced with the refusal of Wang Jingwei, whose favor Li Shiqun had managed to gain, Kagesa ultimately imposed his will during the reshuffle of August 16, 1941. Although he regularly overstepped the boundaries of his position, Kagesa nonetheless devoted himself to his task as a military advisor. In this capacity, his primary mission was to provide the Nanjing regime with an army that held a dual loyalty: to the project of the Peace Movement and to the occupying forces. Lucid about the failure of this endeavor, Kagesa noted in his memoirs that it was easier for the RNG to gain the support of the population than to recruit quality troops, given the strong anti-Japanese nationalism among Chinese soldiers. In Kagesa’s view, the majority of the soldiers who came to serve Nanjing were nothing more than a motley crew of “bandits [dohi 土匪]” selling their services to the occupier. While he intended to apply a highly selective recruitment method, Kagesa was forced to integrate into the new army a number of Chinese regiments already constituted by the Japanese armies. The only quality troops were formed by the captured soldiers from Chongqing.

Kagesa also involved himself in the Nanjing regime’s “diplomacy”. In June 1941, he organized Wang Jingwei‘s first state visit to Japan after Tokyo’s recognition of his government six months earlier. Once again, Kagesa had to overcome strong resistance within his own camp, particularly from the central authorities of the Kōa-in. Kagesa claimed in his memoirs to have exhorted Prime Minister Konoe to amend the “Basic Treaty” signed between Tokyo and Nanjing, in order to better respect the spirit of his declaration of December 22, 1938, which called for sincere cooperation between the two countries. Konoe, he wrote, was not inclined to follow his advice. His cabinet was primarily concerned with improving Sino-American relations, an objective for which Tokyo’s support for Nanjing constituted an obstacle. Kagesa’s efforts in favor of greater autonomy for the Chinese collaborators seem to have been genuine, which did not prevent a certain mistrust on their part. When, on May 9, 1940, Kagesa advised Zhou Fohai not to make too many concessions to the Beijing authorities, who intended to maintain their customs autonomy, Zhou noted in his diary: “Only the facts will tell us whether these words are sincere or calculated.” Kagesa’s commitment to defending Nanjing’s interests was particularly evident in the strategic domain of grain supply. After its formation in March 1940, the RNG sought to take control of this sector, which had fallen into the hands of the Japanese army. Although Kagesa obtained satisfaction from his superiors, he failed to fully implement their decision on the ground due to the refusal of his subordinates to transfer parcels of sovereignty to the new Nanjing authorities. These internal resistances within the Japanese camp were symptomatic of Kagesa’s limited powers within the occupation state. Zhou Fohai noted this in his personal diary on August 19, 1941: “Kagesa is clear-sighted and frank. His willingness to help our government is sincere. However, when it comes to concrete matters, he is easily deceived by his subordinates.”

Kagesa was aware that the rivalries between the various Japanese authorities present in China (armies, diplomatic representation, and Kōa-in) were hindering the proper functioning of the occupation state. In late July 1941, when the Japanese ambassador to Nanjing, Honda Kumatarō, (unsuccessfully) submitted his resignation, Kagesa suggested that the post of ambassador should henceforth be held concurrently by the commander-in-chief of the China Expeditionary Army. He was probably inspired by the case of Manchukuo, where the commander of the Kwantung Army also held the posts of governor-general of Kwantung and ambassador after 1932. While this proposal made sense from the perspective of administrative efficiency, it was very clumsy from a political standpoint: the presence of a civilian diplomatic representation was precisely intended to maintain the fiction that Japan was treating Nanjing as a sovereign government, even though this sovereignty was daily infringed upon by the Japanese army. An incident involving Kagesa highlights this lack of consideration for the diplomatic path. On October 10, 1941, Zhou Fohai learned that Prime Minister Konoe Fumimaro was furious with Wang Jingwei, whom he believed had revealed to Ambassador Honda the existence of secret negotiations with Washington aimed at finding an agreement with Chongqing. In reality, Honda had learned of these dealings from Kagesa. Particularly vexed, he complained to Foreign Minister Toyoda Teijirō 豊田貞次郎 (1885-1961), who in turn reproached Konoe for not having been involved. Kagesa did not believe in the success of this umpteenth Japanese attempt to find a diplomatic solution to the conflict. In front of Zhou Fohai, who shared his pessimism, Kagesa lamented the lack of talent within the Japanese government and its incessant policy changes. While he continued to be indirectly involved in Japanese attempts to re-establish contact with Chongqing, Kagesa did not share the opinion of some Japanese officials who still hoped to bring Jiang Jieshi to the negotiating table. As he explained to Zhou Fohai on February 7, 1942, Kagesa believed that Jiang was convinced that the Allies would prevail within the next three to four years, and therefore had no reason to seek a separate peace with Japan.

Was this proximity to the Nanjing leadership the reason for Kagesa’s transfer to Northern Manchuria in the summer of 1942? The duration of his tenure as supreme advisor suggests that it was a routine transfer, following the usual renewal of Japanese leadership cadres, who circulated from one post to another within the empire. The destination of this transfer, however, cannot be considered a promotion for a figure of Kagesa’s stature. Although rumors of this departure had been circulating in Nanjing for several months, its confirmation on May 12, 1942, dismayed the Chinese leaders. Zhou Fohai feared that his government’s ability to influence decisions would be greatly diminished as a result. Wang Jingwei sent a telegram to Prime Minister Tōjō Hideki 東條英機 (1884-1948) asking him, unsuccessfully, to postpone this decision. On June 15, 1942, as a farewell ceremony, Zhou Fohai and Chen Gongbo accompanied Kagesa to the Chongguangtang in Shanghai, where the Peace Movement had been born more than three years earlier. Kagesa was replaced by the former supreme military advisor of the Manchukuo Army, Matsui Takurō, while he was appointed commander of the 7th Artillery Division (dai 7 hōhei 第7砲兵) stationed in Manchukuo. Despite the distance, Kagesa nevertheless remained in contact with Zhou Fohai, whom he secretly met in Harbin on April 13 and 14, 1943. After the departure of Shibayama Kenshirō in August 1944, Zhou even tried, in vain, to persuade the Japanese government to reappoint Kagesa to Nanjing.

Promoted to Lieutenant General (chūshō 中将) in December 1942, Kagesa was transferred in June 1943 to New Britain (a western island of New Guinea), at the head of the 38th Division (dai 38 shidan 第38師団), which numbered some 13,000 men. On December 13, 1943, he completed in Rabaul the writing of short memoirs entitled Sozorogaki 曾走路我記 (Notes on the Path Taken), in which he almost exclusively addressed his role alongside the Wang Jingwei group during the war. Posted on one of the bloodiest battlefields of the Pacific War, Kagesa appears to have been among the officers who ordered their men to commit suicide rather than surrender to the Allied forces that eventually captured the island on September 6, 1945.

In December 1945, Kagesa was designated as a war criminal by the Chinese government, which demanded his arrest, but he was not tried due to his tuberculosis. He was nevertheless summoned as a witness to the International Military Tribunal for the Far East, particularly regarding the genesis of the Nanjing regime. Demobilized in May 1946, he was hospitalized and died on September 10, 1948, from his illness at the age of 56. His grandson, Tanigaki Sadakazu 谷垣禎一 (1945-), is a prominent political figure. He led the Liberal Democratic Party (Jimintō 自民党) during its short period in opposition (2009-2012) and held several ministerial positions, notably as Minister of Justice (2012-2014).


Biographical Dictionary of Occupied China

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