Imai Takeo

今井武夫

18981982

Lieu d'origine

Nagano 長野県

Province d'origine

Chūbu 中部地方

Principal représentant avec Kagesa Sadaaki de la troisième génération des spécialistes de la Chine de l’armée (Shinatsū 支那通), Imai suit un parcours classique. Diplômé de l’École d’officiers de l’armée de terre (rikugun shikan gakkō 陸軍士官学校) en 1918, puis de l’École supérieure de guerre (rikugun daigakkō 陸軍大学校) en 1928, sa carrière l’amène à alterner les postes en Chine, notamment comme attaché militaire, et au Japon à la Section Chine (Shina-ka 支那課) du Second Bureau de l’État-major central (sanbō honbu 参謀本部), dont il prend la tête en décembre 1937.

Dès les premiers jours de la guerre sino-japonaise, Imai tente de trouver une issue au conflit en négociant à Pékin avec les dirigeants du Conseil des affaires politiques du Hebei-Chahar (Ji-Cha zhengwu weiyuanhui 冀察政務委員會). Très impliqué dans les différents canaux de négociation qui s’ouvrent dans les mois suivant, Imai joue un rôle majeur dans l’opération visant Wang Jingwei, notamment en planifiant avec Gao Zongwu la défection de Wang lors de la conférence du Chongguangtang, du 12 au 20 novembre 1938. Bien que l'”Opération Wang Jingwei” passe sous la direction de Kagesa, Imai continue à participer aux discussions qui aboutissent à la mise en place d’un nouveau gouvernement collaborateur à Nankin.

Parallèlement, Imai dirige l’« Opération Kiri » (Kiri kōsaku 桐工作) qui vise Song Ziliang 宋子良 (1899-1983), le cadet de la belle-famille de Jiang Jieshi. Ouvert peu avant l’inauguration du régime de Wang Jingwei, ce canal suscite un espoir suffisant chez les négociateurs japonais pour que la cérémonie d’inauguration à Nankin, prévue à l’origine le 26 mars 1940, soit reportée. Ils finissent par découvrir qu’en fait de Song Ziliang, leur interlocuteur est un agent de Dai Li. L’opération n’en est pas moins maintenue mais achoppe au sujet de la reconnaissance du Manzhouguo. Alors que les deux parties s’étaient entendues sur une rencontre à Shanghai en août entre Jiang Jieshi et Itagaki Seishirō – Chongqing ayant refusé d’inclure Wang Jingwei comme l’espérait Tokyo, Jiang annule au dernier moment. L’état-major décide de mettre un terme à l’ « Opération Kiri » le 8 octobre 1940.

Au début de la guerre du Pacifique, Imai est transféré aux Philippines. Il s’illustre lors du sinistre épisode de la « marche de la mort de Bataan » en s’opposant aux exactions perpétrées par Tsuji Masanobu. Imai retourne en Chine en août 1942 dans l’état-major de l’Armée expéditionnaire de Chine (Shina hakengun 支那派遣軍), puis comme inspecteur pour le ministère de la Grande Asie orientale (daitōashō 大東亜省) dirigé par son compatriote de Nagano, Aoki Kazuo. Promu général de brigade en 1943 (shōshō 少将), il devient vice-chef d’état-major de l’Armée expéditionnaire de Chine en août 1944.

C’est à ce titre qu’Imai participe à l’ultime épisode des innombrables tractations indirectes entre Chongqing et Tokyo. Le 9 juillet 1945, il rencontre au Henan le général He Zhuguo 何柱國 (1897-1985), vice-commandant en chef de la dixième zone de guerre. Imai se déclare prêt à négocier un accord de paix à condition que Chongqing s’engage à « ne pas contrevenir à la morale » dans son traitement du Manzhouguo et du gouvernement de Nankin. He Zhuguo lui répond que la Chine s’en tient à la déclaration du Caire (rétrocession de la Mandchourie, de Taiwan, etc.) mais ne désire pas la destruction du Japon. Il confie à Imai que Jiang Jieshi espère que le système impérial sera maintenu et que le Japon pourra jouer un rôle important en Asie orientale après la guerre. Faute, une nouvelle fois, de s’entendre sur les termes d’un accord de paix, la discussion en reste là. Le 21 août 1945, Imai fait partie des officiers dépêchés à Zhiiang (Hunan) par Okamura Yasuji pour négocier avec l’armée chinoise les termes de la reddition japonaise.

Imai est l’auteur de mémoires publiés en 1964, dans lesquels il revient sur son rôle pendant la guerre : Shina jihen no kaisō 支那事変の回想 (Souvenirs de l’Incident de Chine). Historien amateur, il a, par ailleurs, constitué une fonds d’archive privé comptant plus de cinq mille documents.

Sources : KSDJ ; Imai Takeo 1987 ; Imai Sadao 2009 ; Wikipedia.

Pour citer cette biographie : David Serfass, "Imai Takeo  今井武夫 (1898-1982)", Dictionnaire biographique de la Chine occupée, URL : https://bdoc.enpchina.eu/bios/imai-takeo/, dernière mise à jour le 4 octobre 2023. 

Biographical Dictionary of Occupied China

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