Chen Gongbo

陳公博

18921946

Lieu d'origine

Ruyuan 乳源 (mais né au Guangxi)

Province d'origine

Guangdong 廣東

Bras droit de Wang Jingwei avant comme pendant la guerre, Chen remplace ce dernier à la tête du gouvernement de Nankin durant les deux dernières années de l’occupation. Cette image d’éternel second, coincé entre la stature de Wang et le pouvoir envahissant de Zhou Fohai, cache toutefois la trajectoire originale d’un homme d’État porteur d’une véritable vision pour la Chine, qui ne s’est jamais tout à fait départi de l’attitude hésitante avec laquelle il s’est engagé dans la collaboration.

Issu d’une famille hakka installée à Ruyuan (Guangdong), Chen voit le jour dans le Guangxi où son père, Chen Zhimei 陳致美 (c.1830-1912), a été promu commandant en chef à la suite de sa participation à la campagne contre les Taiping. Retiré à Canton, il appartient à la plus importante société secrète de Chine méridionale, très active dans le mouvement anti-mandchou. En 1907, Chen prend part avec son père au soulèvement de Ruyuan qui se conclut par la condamnation de Chen Zhimei à la prison à vie. Chen Gongbo s’enfuit à Hongkong avant de retourner à Canton un an plus tard afin de poursuivre ses études. En octobre 1911, Chen Zhimei est libéré et élu membre de l’assemblée provinciale. Chen Gongbo lui-même se voit offrir un poste d’officier à Ruyuan mais son père, jugeant qu’il manque d’expérience, lui ordonne d’y renoncer.

Il reprend ses études et adhère à la Ligue jurée. En 1914, il intègre l’École des sciences juridiques et politiques du Guangdong dont il sort avec un diplôme de droit en 1917. Il réussit alors le concours d’entrée de la faculté de philosophie de l’Université de Pékin. Bien qu’il ne soit pas particulièrement actif durant le mouvement du 4 mai 1919, Chen fréquente les principaux leaders de la « nouvelle culture ». Diplômé en 1920, il rentre travailler comme enseignant à Canton où il fonde avec son coturne de Beida, Tan Pingshan 譚平山 (1886-1956), le journal Guangdong qunbao 廣東群報 (Les Masses cantonaises) qui est subventionné par le seigneur de la guerre et allié de Sun Yat-sen, Chen Jiongming 陳炯明 (1878-1933). Invité par ce dernier comme commissaire provincial chargé des questions d’éducation, Chen Duxiu 陳獨秀 (1879-1942) nomme Chen Gongbo à la tête du bureau de la Propagande et l’envoie à Shanghai en juillet 1921 représenter Canton au congrès inaugural du PCC.

Chen Gongbo fait partie des délégués opposés à toute action violente ; de même que le représentant des étudiants chinois au Japon, Zhou Fohai. Avant même la fin du congrès, Chen commence à douter du communisme. Il n’en continue pas moins d’être actif au sein de la section cantonaise du PCC dirigée par Tan Pingshan. Il joue un rôle important dans l’organisation de la grève des marins, début 1922, qui est l’une des premières tentatives de prise en main du mouvement ouvrier par le PCC. Au moment de la rupture entre Sun Yat-sen et Chen Jiongming au printemps, la section de Chen Gongbo reste fidèle à ce dernier contre la hiérarchie du Parti qui soutient Sun.

Rompant avec le PCC, Chen Gongbo s’embarque pour l’Amérique en novembre. Lors d’une longue escale au Japon, il s’entretient avec le lieutenant de Sun, Liao Zhongkai, alors en pleines négociations avec l’Union soviétique en vue du Front uni. Inscrit en maîtrise d’économie à l’Université Columbia à New York, Chen soutient en 1924 un mémoire intitulé “The Communist Movement in China”. Durant sa période américaine, il approfondit ses connaissances en économie. Rejetant à la fois la lutte des classes de Karl Marx et le libéralisme d’Adam Smith, il finit par se ranger en faveur de Sun Yat-sen. Invité par Liao Zhongkai à enseigner à l’Université de Canton, Chen quitte Columbia en février 1925 avant d’avoir achevé son doctorat.

Sous la protection de Liao, nommé gouverneur de la province au moment de la réorganisation du GMD en juin 1925, Chen adhère au GMD et connaît une promotion rapide au sein de l’appareil local. Il dirige notamment le département de formation politique du Conseil politique que préside Wang Jingwei dont il devient proche après l’assassinat de Liao. En janvier 1926, Chen est élu au Comité exécutif central. Comme d’autres transfuges, il subit à la fois les attaques de ses anciens camarades communistes, qui lui reprochent d’avoir trahi la cause, et celles de l’aile droite du GMD qui doute de sa sincérité. Durant l’Expédition du Nord, il occupe des postes importants, notamment comme principal dirigeant du GMD au Jiangxi. Au moment de la scission du parti, il choisit le camp de l’aile gauche à Wuhan dont il devient une figure de premier plan. Au retour de Wang Jingwei en Chine au printemps 1927, Chen est désormais son bras droit. Il le représente à Canton en octobre dans ses négociations avec le seigneur de la guerre Zhang Fakui pour fonder un nouveau gouvernement opposé à Jiang Jieshi.

Après le départ de Wang pour l’Europe, en décembre 1927, Chen fait office, avec Gu Mengyu, de principal animateur de l’Association pour la réorganisation du GMD (guomindang gaizu tongzhihui 國民黨改組同志會) qui prône un retour au GMD réorganisé de 1924, contre la pente militariste et conservatrice que lui donne Jiang Jieshi. Il diffuse ces idées auprès des jeunes cadres du GMD à travers la revue Geming pinglun 革命評論 (La Critique révolutionnaire) lancée en mai 1928 et que le gouvernement finit par interdire en septembre. Dans le même temps, il fonde l’Université continentale (dalu daxue 大陸大學) afin de former les cadres de la “Clique réorganisationniste” (gaizupai 改組派) parmi lesquels il recrute, par la suite, nombre de ses collaborateurs. Exclu du GMD lors du 3e congrès en mars 1929, Chen assiste Wang Jingwei au sein de la coalition anti-Jiang. Suite à la défaite de celle-ci, en septembre 1930, il s’enfuit pour Hongkong avant de s’exiler en Europe.

Il revient en Chine après l’Incident de Mandchourie, un an plus tard, qui pousse les dirigeants du GMD à la réconciliation. Chen est réintégré dans les instances du parti et nommé ministre de l’Industrie dans le gouvernement de coalition dirigé par Wang Jingwei. Occupant ce poste jusqu’à la tentative d’assassinat contre Wang en novembre 1935, il applique un programme fondé sur le concept d’« économie nationale » (minzu jingji 民族經濟) qui cherche à moderniser le pays au moyen d’une forte intégration économique s’appuyant sur des capitalistes anti-impérialistes. L’objectif est d’aboutir à l’autosuffisance afin d’être en mesure de résister au Japon. Bénéficiant du soutien de personnalités puissantes telles que Song Ziwen 宋子文 (T.V. Soong, 1894-1971), cette politique s’inspire notamment de l’économie dirigée et corporatiste développée à la même époque par l’Italie mussolinienne. Chen entretient alors des liens étroits avec le consul de Shanghai et gendre du Duce, Galeazzo Ciano (1903-1944). Ce programme de reconstruction nationale se heurte cependant à celui de Jiang Jieshi qui prône l’assujettissement de l’économie aux intérêts militaires, selon un modèle prussien.

Suite à la démission de Wang en novembre 1935, Chen part lui aussi pour l’Europe et réside en Allemagne et en Italie. De retour en Chine au début de l’année 1937, il retrouve des fonctions de second plan dans le GMD. Après le déclenchement de la guerre, Jiang Jieshi nomme Chen envoyé spécial en Europe dans l’espoir qu’il pourra obtenir une aide de Mussolini. Bien qu’il ne croie pas dans le succès de cette mission, Chen s’exécute et visite l’Italie, l’Angleterre ou encore la Belgique. Élu au comité permanent du GMD en avril 1938, il réside à partir de septembre à Chengdu où il dirige la section provinciale du parti. Il n’est pas impliqué dans les négociations secrètes que mènent au même moment des proches de Wang Jingwei et Zhou Fohai, avec le Japon. Il semble que Chen ait été volontairement laissé dans l’ignorance du projet, par crainte de sa réaction. Après que Mei Siping a rapporté à Chongqing, fin novembre, l’accord du Chongguantang, Wang tergiverse et décide, contre l’avis de son entourage, de faire venir Chen Gongbo et Tao Xisheng. Selon le témoignage de ce dernier, Chen tombe des nues en apprenant l’accord passé avec des émissaires japonais. Chen retourne à Chengdu avant de revenir à Chongqing où Wang le convainc qu’il a besoin de lui.

À la mi-décembre, il s’envole pour Kunming puis rejoint Hanoï où Wang Jingwei arrive peu après. C’est Chen qui porte à Hongkong le texte connu sous le nom de Yandian 艷電 (télégramme du 29 décembre 1938). Dans la concession britannique, où sa famille s’est installée dès le début de la guerre, Chen rencontre Gu Mengyu qui lui conseille de mettre immédiatement un terme aux négociations avec le Japon. Débutent alors de longs mois d’indécision pour Chen, alors que le Mouvement de paix prend forme sans lui à Shanghai. En février 1940, Wang cherche encore à le faire venir, mais Chen prend prétexte de l’état de santé de sa mère pour demeurer à Hongkong, sans pour autant cacher ses réticences à s’engager. Dans ses télégrammes à Wang, Chen juge inacceptables les conditions de paix prévues par le projet de traité, considérant que le Japon n’a pas renoncé à contrôler la Chine. Il dit vouloir attendre que le nouveau gouvernement soit établi avant de se rendre à Nankin.

Présente à Canton, Chen Bijun négocie avec Chen Gongbo en lui proposant d’occuper les postes les plus prestigieux du futur régime. Chen dit ne pas y être opposé, mais semble encore hésiter. Il demande ainsi à ne pas être nommé au Comité politique central et à ce que son futur poste ne soit pas annoncé dans la presse avant son arrivée, par souci, dit-il, de sa sécurité. Chen Bijun lui répond qu’il doit impérativement être à Nankin dix jours avant l’inauguration du gouvernement. Soucieuse de protéger son mari en constituant une équipe de fidèles capable de contrebalancer le pouvoir grandissant des anciens ennemis de la clique CC emmenés par Zhou Fohai, Chen Bijun cherche à faire nommer Chen Gongbo au Yuan exécutif. Il est finalement désigné président du Yuan législatif ; poste prestigieux mais sans réel pouvoir comparé à Zhou Fohai qui cumule la vice-présidence du Yuan exécutif et le ministère des Finances. Chen s’entoure de plusieurs anciens du gaizupai qui se réunissent régulièrement chez le gendre de Tang Shaoyi, Cen Deguang. Chen Bijun souhaite placer son frère Chen Yaozu à la tête du Guangdong mais ce dernier manquant d’expérience, les Japonais refusent. Chen Gongbo est alors désigné gouverneur pour la forme puisqu’il réside à Nankin. En novembre 1940, Chen Yaozu obtient finalement le poste, tandis que Chen Gongbo se voit offrir à la place la mairie de Shanghai.

Moins impliqué que Zhou Fohai dans la conduite du gouvernement, Chen tente de rester au-dessus des querelles de factions, notamment en gardant une certaine distance avec la clique du Palais, malgré ses affinités régionales et politiques avec l’entourage de Wang. Il s’oppose en revanche frontalement à Li Shiqun en insistant auprès de Wang Jingwei pour que les services secrets ne s’ingèrent pas dans les affaires politiques. Fidèle à ses méthodes, Li montre à Wang des photographies volées de la vie dissolue de Chen, qui aime faire la noce dans les cabarets shanghaiens. Furieux, Chen se ligue avec Zhou Fohai contre Li. Le prestige attaché à son parcours avant-guerre fait néanmoins de lui un poids lourd de la collaboration comme en témoignent les très nombreuses charges qu’il cumule. En octobre 1943, il lance le Difang xingzheng yuekan 地方行政月刊 (Mensuel de l’administration locale) ; revue destinée aux fonctionnaires, comme aiment à en publier les dirigeants pour influer sur l’administration. Le poste de rédacteur en chef est confié à la secrétaire et maîtresse de Chen, Mo Guokang 莫國康, qu’il a connue chez Liao Zhongkai à Canton en 1925. Les protégés de Chen y font paraître des articles, notamment l’espion communiste Li Shiyu.

Après le départ de Wang Jingwei, en mars 1944, pour se faire soigner au Japon, Chen Gongbo le remplace dans tous ses postes, notamment ceux de président du Yuan exécutif et de président du Conseil des affaires militaires, dont il hérite après le décès de Wang en novembre. Bien que Chen soit désormais le numéro un du régime, Zhou Fohai n’en demeure pas moins, et même plus que jamais, l’homme fort à Nankin et à Shanghai où il succède à Chen comme maire en décembre. Chen insiste pour se faire appeler « président par intérim » (dai zhuxi 代主席) par respect pour Wang, mais aussi – affirment les mauvaises langues – pour ne pas aggraver son cas aux yeux de Jiang Jieshi. Il parle désormais des « camarades de Chongqing » dans ses discours et multiplie les appels en faveur d’une Chine unie et souveraine, tout en liant cette finalité à la victoire du Japon dans la guerre.

Chen est, par ailleurs, régulièrement en contact avec les services secrets nationalistes depuis le début du Mouvement de paix. En 1940, il est approché par Dai Li qui exige de lui qu’il protège ses agents en zone occupée et leurs transmetteurs radio mais aussi qu’il communique à Chongqing le contenu des accords signés entre Nankin et Tokyo. Un ancien proche de Chen, Xu Tianshen est envoyé par le Juntong pour servir d’intermédiaire avec Chongqing. Ces contacts s’intensifient en 1945 dans le cadre des préparatifs en vue du retour du Gouvernement nationaliste. Chen y prend part au même titre que Zhou mais n’en tire pas les mêmes bénéfices faute d’être issu, comme ce dernier, de l’entourage de Jiang Jieshi. Le jour de la capitulation japonaise, l’ambassadeur japonais Tani Masayuki 谷正之 (1889-1962) annonce à Chen qu’il a reçu l’ordre de prendre les dispositions nécessaires pour faciliter son expatriation au Japon s’il le souhaite, mais Chen décline l’offre.

À en croire Zhao Hao, qui coordonne avec Zhou Fohai la prise de contrôle du Jiangnan pour le compte du Juntong, Chen cherche alors à organiser un gouvernement séparatiste afin d’être en position de négocier avec le PCC. Il convoque dans ce but les généraux « fantoches » à Nankin, mais ces derniers ont déjà prêté allégeance à Chongqing. Chen revient alors sur sa décision de ne pas fuir, notamment après que Ren Yuandao l’a averti que Chongqing ne voulait pas qu’il reste à Nankin. Le 25 août au matin, Chen, son épouse Li Lizhuang 李勵莊, sa maîtresse Mo Guokang, He Bingxian ainsi que Lin Baisheng, Chen Junhui et Zhou Longxiang prennent l’avion pour le Japon sous la houlette du conseiller militaire Ogawa Tetsuo. Débarquant dans un pays dévasté par les bombardements, la petite troupe se trouve livrée à elle-même. Ogawa est finalement reçu par le vice-ministre des Affaires étrangères Tajiri Akiyoshi qui lui apprend que l’exil de Chen Gongbo doit suivre un plan déjà rédigé afin de protéger son anonymat.

Comme les autres membres du groupe, Chen prend un nom japonais et s’appelle désormais Higashiyama Kōichi 東山公一. Le 30 août, le journal Asahi s’interroge en une : « Chen Gongbo s’est-il suicidé ? ». Deux jours plus tard, Chen et ses compagnons arrivent à Kyōto qui sera leur Sigmaringen. Les journées s’écoulent lentement dans le cadre magnifique de l’ancienne capitale. Contrairement à beaucoup de dirigeants de sa génération, Chen n’a pas étudié au Japon. Chaque matin, il se fait donc traduire les titres de la presse par Zhou Longxiang, puis se plonge dans la lecture de l’un des trois livres en chinois à sa disposition. L’après-midi, il suit avec son épouse des cours de japonais. Durant cette période, Chen échange plusieurs lettres avec l’ancien premier ministre Konoe Fumimaro. S’il s’efforce d’apparaître optimiste, le président déchu est un jour surpris par son épouse un revolver à la main. Le 9 septembre, lorsqu’il reçoit la capitulation du Japon, le chef des armées chinoises, He Yingqin, remet une demande d’extradition visant Chen. Dans un contexte de grand affaiblissement de l’armée, dont témoigne la reprise en main par les diplomates, Ogawa craint que le gouvernement ne cède aux pressions de l’occupant américain et ne livre ses hôtes bien encombrants.

De fait, Chen est arrêté à Kyōto le 1er octobre et renvoyé en Chine dès le lendemain. Son procès s’ouvre à Suzhou le 5 avril 1946 pour se conclure cinq heures plus tard. Le jugement est rendu au bout d’une semaine : Chen est condamné à mort. Bien qu’il ait déclaré accepter la sentence quelle qu’elle soit, son épouse dépose un appel et multiplie les entretiens avec la presse à qui elle décrit les liens de son mari avec le Juntong durant la guerre. Il est exécuté le 3 juin. Alors âgé de 18 ans, son fils Chen Gan 陳幹 vient de réussir le concours d’entrée de l’Université Tsinghua 清華大學. Il part l’année suivante pour les États-Unis qu’il ne quittera plus. Ces dernières années, il a entrepris une réhabilitation discrète de son père, notamment en publiant un recueil de ses poèmes qu’il a distribué gracieusement à des chercheurs aux quatre coins du monde. Son propre fils, Jeff Chen, dirige depuis 2014 à Hongkong le département finances du plus grand cabinet d’avocat au monde.

Chen Gongbo a laissé plusieurs textes autobiographiques, notamment : Kuxiaolu 苦笑錄 (Rires amers) publié en 1939 dans lequel il revient sur la période 1925-1936 ; Hanfengji 寒風集 (Vent d’hiver) publié en 1944 qui porte sur plusieurs périodes de sa vie depuis son enfance jusqu’à son poste de maire de Shanghai ; « Banian lai de huiyi 八年來的回憶 » (Souvenirs des huit dernières années), long texte rédigé en prison pour justifier sa participation au gouvernement de Wang Jingwei.

Sources : BDRC, vol. 1, p. 196-201 ; Geng Liyuan 1993 ; Maitron, p. 125-126 ; Zanasi 2006, 2008 ; Wang Yiyi 2010 ; Tao Xisheng 2008, p. 158 ; SWHB, p. 1-90 ; AH 118-010100-0052-023, 118-010100-0052-024 ; Chen Hongmin 2009 ; Hu Zewu 1987 ; Yick 2014, p. 222 ; Liu Shih-ming 2002, p. 215 sq. ; Martin 2009, p. 84 ; Ogawa 1985 ; AS 11/9/45, 6/10/45 ; Chen Gongbo 1981, 2013ab.

Pour citer cette biographie : David Serfass, "Chen Gongbo  陳公博 (1892-1946)", Dictionnaire biographique de la Chine occupée, URL : https://bdoc.enpchina.eu/bios/chen-gongbo/, dernière mise à jour le 28 octobre 2023. 

English (automatic translation)

Wang Jingwei’s right-hand man before and during the war, Chen replaced Wang as head of the Nanjing government during the last two years of the occupation. Behind Chen’s image as an eternal second-in-command, stuck between Wang’s stature and Zhou Fohai’s pervasive power, lies the original trajectory of a statesman with a true vision for China, who never quite shook off the hesitant attitude with which he became involved in the collaboration.

Born into a hakka family from Ruyuan (Guangdong), Chen Gongbo was born in Guangxi where his father, Chen Zhimei 陳致美 (c.1830-1912), had been promoted to commander-in-chief following his participation in the campaign against the Taiping. Having retired in Guangzhou, Chen Zhimei belonged to the most important secret society in southern China, which was very active in the anti-Manchu movement. In 1907, Chen took part with his father in the Ruyuan uprising which ended with Chen Zhimei being sentenced to life imprisonment. Chen Gongbo fled to Hong Kong before returning to Guangzhou a year later to pursue his studies. In October 1911, Chen Zhimei was released and elected member of the provincial assembly. Chen Gongbo himself was offered an official position in Ruyuan but his father, judging that he lacked experience, ordered him to give it up.

Chen resumed his studies and joined the Tongmenhui. In 1914, he entered the Guangdong School of Legal and Political Sciences from which he graduated with a law degree in 1917. He then passed the entrance exam for the faculty of philosophy at Peking University. Although he was not particularly active during the May Fourth Movement, Chen frequented the main leaders of the “new culture”. Graduating in 1920, he returned to work as a teacher in Guangzhou, where he and his Beida roommate, Tan Pingshan 譚平山 (1886-1956), founded the newspaper Guangdong qunbao 廣東群報 (The Cantonese Masses), which was subsidized by the warlord and Sun Yat-sen ally Chen Jiongming 陳炯明 (1878-1933). Invited by the latter as provincial commissioner in charge of education, Chen Duxiu 陳獨秀 (1879-1942) appointed Chen Gongbo as head of the Propaganda Bureau and sent him to Shanghai in July 1921 to represent Canton at the 1st Congress of the CCP.

Chen Gongbo was one of the delegates who opposed any violent action, as was the representative of the Chinese students in Japan, Zhou Fohai. Even before the end of the congress, Chen began to have doubts about communism. Nevertheless, he continued to be active in the Cantonese section of the CCP led by Tan Pingshan. He played an important role in the organization of the sailors’ strike in early 1922, which was one of the first attempts of the CCP to take control of the workers’ movement. When Sun Yat-sen and Chen Jiongming broke up in the spring, Chen Gongbo’s section remained loyal to Chen Jiongming against the Party hierarchy which supported Sun.

Chen Gongbo broke with the CCP and left for America in November. During a long stopover in Japan, he met with Sun’s lieutenant, Liao Zhongkai, who was in the midst of negotiations with the Soviet Union to form the United Front. Enrolled in a master’s degree in economics at Columbia University in New York, Chen submitted a thesis entitled “The Communist Movement in China” in 1924. During his stay in America, he deepened his knowledge of economics. Rejecting both Karl Marx’s class struggle and Adam Smith’s liberalism, he ended up siding with Sun Yat-sen. Invited by Liao Zhongkai to teach at Guangzhou University, Chen left Columbia in February 1925 before completing his doctorate.

Chen joined the GMD and was rapidly promoted within the local apparatus under the protection of Liao, who was appointed governor of Guangdong at the time of the reorganization of the GMD in June 1925. He became the head of the political training department of the Political Council chaired by Wang Jingwei, to whom he became close after Liao’s assassination. In January 1926, Chen was elected to the Central Executive Committee. Like other CCP defectors, he was attacked by both his former communist comrades, who accused him of betraying the cause, and the GMD’s right wing, who questioned his sincerity. During the Northern Expedition, Chen held important positions in Jiangxi. When the party splited, he chose to side with the left wing in Wuhan, where he became a prominent figure. After the return of Wang Jingwei to China in the spring of 1927, Chen was now his right-hand man. He represented him in Canton in October in his negotiations with the warlord Zhang Fakui to found a new government opposed to Jiang Jieshi.

After Wang left for Europe in December 1927, Chen served, along with Gu Mengyu, as the main leader of the Association for the Reorganization of the GMD (guomindang gaizu tongzhihui 國民黨改組同志會), which advocated a return to the reorganized GMD of 1924, against Jiang Jieshi’s militarism and conservatism. He propagated these ideas to the young cadres of the GMD through the journal Geming pinglun 革命評論 (Revolutionary Criticism) launched in May 1928 and eventually banned by the government in September. At the same time, he founded the Continental University (dalu daxue 大陸大學) to train the cadres of the “Reorganization faction” (gaizupai 改組派), many of whom later became his subordinates. Expelled from the GMD at the 3rd Congress in March 1929, Chen supported Wang Jingwei in the anti-Jiang coalition. After the defeat of the coalition in September 1930, he fled to Hong Kong before going into exile in Europe.

He returned to China a year later, after the Manchurian Incident had prompted the GMD leaders to reconcile. Chen was reinstated into the party leadership and appointed Minister of Industry in the coalition government led by Wang Jingwei. Chen held this position until the assassination attempt on Wang in November 1935, implementing a program based on the concept of “national economy” (minzu jingji 民族經濟) that sought to modernize the country through strong economic integration relying on anti-imperialist capitalists. The objective was to achieve self-sufficiency in order to be able to resist Japan. Supported by powerful personalities such as Song Ziwen 宋子文 (T.V. Soong, 1894-1971), this policy was inspired by the corporatist planned economy developed at the same time in Italy by Mussolini. At the time, Chen had close ties with the Italian consul in Shanghai and son-in-law of the Duce, Galeazzo Ciano (1903-1944). However, this program of national reconstruction came up against that of Jiang Jieshi, who advocated the subordination of the economy to the military, following the Prussian model.

Following Wang’s resignation in November 1935, Chen also left for Europe and stayed in Germany and Italy. He returned to China in early 1937 and took up a lower-level position in the GMD. After the outbreak of the war, Jiang Jieshi appointed Chen as a special envoy to Europe in the hope that he would be able to get help from Mussolini. Although he did not believe in the success of this mission, Chen went ahead and visited Italy, England and Belgium. Elected to the GMD Standing Committee in April 1938, he resided in Chengdu from September onwards where he headed the provincial section of the party. He was not involved in the secret negotiations with Japan conducted at the same time by Wang Jingwei’s and Zhou Fohai’s emissary. It seems that Chen was deliberately kept in the dark about the Peace Movement project for fear of his reaction. After Mei Siping had brought back the Chongguantang agreement to Chongqing at the end of November, Wang hesitated and decided, against the advice of his entourage, to bring Chen Gongbo and Tao Xisheng in. According to Tao’s testimony, Chen was shocked to learn of the agreement with the Japanese emissaries. Chen returned to Chengdu before coming back to Chongqing where Wang convinced him that he needed him.

In mid-December, Chen flew to Kunming and then to Hanoi, where Wang Jingwei arrived soon after. It was Chen who carried to Hong Kong the text known as Yandian 艷電 (telegram of December 29, 1938) in order to publish it. In the British Concession, where his family had moved at the beginning of the war, Chen met Gu Mengyu, who advised him to end negotiations with Japan immediately. This was the beginning of long months of indecision for Chen, while the Peace Movement was taking shape without him in Shanghai. In February 1940, Wang tried again to have him come to Shanghai, but Chen invoked his mother’s health to stay in Hong Kong, without hiding his reluctance to join the future regime. In his telegrams to Wang, Chen described the peace terms of the draft treaty as unacceptable, considering that Japan had no intention to give up its control over China. He said he wanted to wait until the new government was established before going to Nanjing.

Chen Bijun, who was in Canton at the time, negotiated with Chen Gongbo, offering him top positions in the future regime. Chen said he was not opposed to it, but still seemed to hesitate. For safety reasons, he requested that he should not be appointed to the Central Political Committee and that his future position should not be announced in the press before his arrival. Chen Bijun asked him to be in Nanjing at least ten days before the government’s inauguration. Chen Bijun was anxious to protect her husband by putting together a team of faithful associates capable of counterbalancing the growing power of Zhou Fohai and other former enemies from the CC clique. She sought to have Chen Gongbo appointed head of the Executive Yuan. He was finally appointed chairman of the Legislative Yuan, a prestigious position but without any real power compared to Zhou Fohai, who became vice chairman of the Executive Yuan and Minister of Finance. Chen surrounded himself with several gaizupai elders who met regularly at Cen Deguang’s house. Chen Bijun wished to have her brother Chen Yaozu appointed governor of Guangdong, but the Japanese refused, claiming that Chen Yaozu lacked experience. Chen Gongbo was then appointed governor, albeit only nominally, as he stayed in Nanjing. In November 1940, Chen Yaozu finally got the post, while Chen Gongbo was offered the position of Shanghai mayor instead.

Chen was less involved than Zhou Fohai in the running of the government. He tried to stay above factional quarrels, in particular by keeping a certain distance from the Palace clique, despite his regional and political affinities with Wang’s entourage. However, he opposed Li Shiqun head-on by urging Wang Jingwei not to allow the secret service to interfere in political affairs. In retaliation, Li showed Wang stolen photographs of Chen’s dissolute life in Shanghai cabarets. Furious, Chen joined forces with Zhou Fohai against Li. The prestige attached to Chen’s pre-war career nevertheless made him a heavyweight among the collaborators, as evidenced by the many offices he held. In October 1943, Chen launched the Difang xingzheng yuekan 地方行政月刊 (Local Government Monthly). Such periodical aimed at civil servants were used to influence the administration. Chen offered the position of editor-in-chief to his secretary and mistress, Mo Guokang 莫國康, whom he had met in 1925 at Liao Zhongkai in Guangzhou. Chen’s protégés published articles there, including the communist agent Li Shiyu.

After Wang Jingwei left to seek medical treatment in Japan in March 1944, Chen Gongbo replaced him in all his positions, including those of president of the Executive Yuan and president of the Military Affairs Council, which he inherited after Wang’s death in November. Although Chen was now the number one man in theory, Zhou Fohai was still, more than ever, the strong man in Nanjing and Shanghai, where he succeeded Chen as mayor in December. Chen insisted on calling himself “acting president” (dai zhuxi 代主席) out of respect for Wang, but also, some said, so as not to aggravate his case in the eyes of Jiang Jieshi. Chen now referred to the “Chongqing comrades” in his speeches and increased his calls for a united and sovereign China, while still linking this goal to Japan’s victory in the war.

Chen had been in touch with the nationalist secret services since the beginning of the Peace Movement. In 1940, he was approached by Dai Li who demanded that he protect his agents in the occupied zone as well as their radio transmitters, and that he communicate to Chongqing the content of the agreements signed between Nanjing and Tokyo. A former close friend of Chen, Xu Tianshen, was sent by the Juntong to act as an intermediary with Chongqing. These contacts intensified in 1945 in the context of the preparations for the return of the Nationalist Government. Chen took part in these contacts in the same way as Zhou, but he did not benefit from them as he was not a member of Jiang Jieshi’s entourage. On the day of the Japanese surrender, the Japanese ambassador Tani Masayuki 谷正之 (1889-1962) informed Chen that he had been ordered to make arrangements to facilitate his evacuation to Japan if he wished, but Chen declined the offer.

According to Zhao Hao, who coordinated with Zhou Fohai the takeover of Jiangnan on behalf of the Juntong, Chen then sought to organize a separatist government in order to be in a position to negotiate with the CCP. He summoned pro-Japanese generals to Nanjing for this purpose, but they had already pledged their allegiance to Chongqing. Chen then reconsidered his decision not to flee, especially after Ren Yuandao warned him that the Chongqing authorities did not want him to stay in Nanjing. On the morning of August 25, Chen, his wife Li Lizhuang 李勵莊, his mistress Mo Guokang, He Bingxian as well as Lin Baisheng, Chen Junhui and Zhou Longxiang flew to Japan with the help of military advisor Ogawa Tetsuo. Landing in a country devastated by the bombings, the small troop was on their own. Ogawa was finally received by the vice-minister of Foreign Affairs Tajiri Akiyoshi who told him that Chen Gongbo’s exile had to follow a previously scripted plan to ensure his anonymity.

Chen and the other members of his group took a Japanese name. He was now called Higashiyama Kōichi 東山公一. On August 30, the Asahi newspaper asked on its front page, “Did Chen Gongbo commit suicide? “. Two days later, Chen and his companions arrived in Kyōto, which was to be their Sigmaringen enclave. The days went by slowly in the beautiful surroundings of the ancient capital. Unlike many leaders of his generation, Chen had not studied in Japan. So every morning, he had Zhou Longxiang translate the Japanese press for him before reading one of the three Chinese books at his disposal. In the afternoon, he took Japanese classes with his wife. During this period, Chen exchanged several letters with former Prime Minister Konoe Fumimaro. If he tries to appear optimistic, Chen is one day caught by his wife holding a gun in his hand. When the head of the Chinese army, He Yingqin, accepted Japan’ s surrender on September 9, he submitted an extradition request for Chen. Amidst the great weakening of the army, as shown by the fact that the diplomats had taken over, Ogawa feared that the government would give in to the pressure of the American occupiers and hand over its cumbersome hosts.

Indeed, Chen was arrested in Kyōto on October 1 and sent back to China the very next day. His trial opened in Suzhou on April 5, 1946 and ended five hours later. The judgment was rendered after a week: Chen was sentenced to death. Although he had stated that he would accept the sentence no matter what it was, his wife filed an appeal and gave many interviews to the press, describing her husband’s connections with the Juntong during the war. Chen was executed on June 3. His son Chen Gan 陳幹, then 18, had just passed the entrance exam to Tsinghua University. He left the following year for the United States where he still lives. Chen Gongbo’s grandson, Jeff Chen, has been heading the finance department of the world’s largest law firm in Hong Kong since 2014.

Chen Gongbo left several autobiographical texts, including: Kuxiaolu 苦笑錄 (Bitter Laugh) published in 1939 in which he looks back on the 1925-1936 period; Hanfengji 寒風集 (Winter Wind) published in 1944 which covers several periods of his life from his childhood to his tenure as Mayor of Shanghai; “Banian lai de huiyi 八年來的回憶” (Recollections of the Last Eight Years), a long text written in prison to justify his participation in the Wang Jingwei government.[/wpv-autop]


Biographical Dictionary of Occupied China

A database from ENPChina Project