Chen Bijun

陳璧君

18911959

Lieu d'origine

George Town

Province d'origine

Penang (Malaisie)

Chen Bijun est certainement l’une des personnalités les plus puissantes du gouvernement de son mari Wang Jingwei et peut-être la seule à inspirer une certaine crainte aux dirigeants japonais de l’État d’occupation, en raison de son caractère bien trempé. Elle voit le jour à Penang (Malaisie) dans une riche famille originaire de Xinhui (Guangdong). Son père, Chen Gengquan 陳耕全, est un ancien bachelier des examens impériaux sans le sou qui a fait fortune dans le caoutchouc et l’étain. Elle reçoit une éducation chinoise et occidentale solide.

En 1908, elle fait la connaissance de Wang Jingwei alors que celui-ci accompagne Sun Yat-sen et Hu Hanmin 胡漢民 (1879-1936) à Singapour. Elle adhère à la Ligue jurée (Tongmenghui 同盟會) et part étudier au Japon après avoir rompu ses fiançailles avec un cousin. Couvée par les cercles nationalistes de Tokyo dont elle contribue au financement, elle participe aux côtés de Wang au complot visant à assassiner le Prince régent en 1910. La veille de l’attentat, Wang et Chen se promettent en mariage. Le complot est déjoué et Wang emprisonné pour être exécuté. Hu Hanmin les marie à la libération de Wang, devenu entre-temps un héros national. En 1912, ils partent en France poursuivre leurs études. Durant ce séjour, marqué par la Grande Guerre, Chen met au monde deux enfants et travaille comme infirmière pour la Croix rouge. Elle rentre en Chine cinq ans plus tard pour suivre son mari.

À cette époque déjà, Wang Jingwei est accusé d’être contrôlé par son épouse. Dans le contexte de division que connaît le mouvement nationaliste après l’échec de la seconde révolution en 1913, des membres du Parti révolutionnaire font circuler un pamphlet sur le sujet. Sun Yat-sen, lui-même, regrette dans une lettre que Wang soit le jouet de sa femme. Cela ne l’empêche pas de reconnaître les talents de cette dernière qu’il charge de lever des fonds. Au cours d’une tournée aux États-Unis en 1923, elle donne naissance à un cinquième enfant, qui décède peu après. Chen est l’une des trois représentantes du premier congrès du GMD en janvier 1924 et reste au chevet de Sun lors de son agonie l’année suivante. Wang Jingwei accède alors aux plus hautes fonctions du nouveau Gouvernement nationaliste établi en juillet 1925.

Chen Bijun écrit peu après à son mari pour lui demander de démissionner par respect pour l’idéal anarchiste qu’ils prônaient après la Révolution de 1911 ; preuve qu’elle n’hésite pas à donner son avis, mais aussi que Wang ne l’écoute pas toujours. Chen se montre inquiète face à la montée des tensions à Canton entre les héritiers de Sun. Après l’assassinat de Liao Zhongkai 廖仲愷 (1877-1925), elle écrit ainsi à Wu Zhihui 吳稚暉 (1865-1953) pour lui confier ses enfants en cas de malheur. Elle suit Wang dans son nouvel exil en France après l’incident de la canonnière Zhongshan en mars 1926, puis lors de son retour un an plus tard, alors que le délitement du front uni s’accompagne d’un schisme du GMD dans lequel Wang s’oppose désormais frontalement à Jiang Jieshi. Chen Bijun siège au Comité des femmes du bureau central du GMD aux côtés de la veuve de Sun, Song Qingling 宋慶齡 (1893-1981) et de celle de Liao Zhongkai, He Xiangning 何香凝 (1878-1972). Chen repart ensuite en France durant les troubles qui prennent fin en 1931 avec la réconciliation entre Jiang et Wang dans laquelle elle joue un rôle important en représentant son époux dans ses négociations avec Jiang.

Durant la « décennie de Nankin », Chen siège dans les instances du GMD où elle se bat pour les droits des femmes. Au titre d’« épouse Wang » (Wang furen 汪夫人), elle préfère d’ailleurs celui de « membre du comité Chen » (Chen weiyuan 陳委員). Le jour de l’attentat dont est victime Wang en novembre 1935, elle fait irruption dans le bureau de Jiang Jieshi et l’accuse d’en être le commanditaire. Chen reste en Chine durant la convalescence de Wang en Europe pour défendre ses intérêts jusqu’à son retour en 1937. Le rôle que joue dans la défection de son mari celle que l’on dépeint souvent en Lady Macbeth a fait couler beaucoup d’encre. Dans ses Mémoires, Tao Xisheng affirme qu’elle n’a cessé de pousser Wang à rompre avec Jiang Jieshi. Au milieu de l’année 1938, elle lui aurait envoyé une lettre depuis Hong Kong pour qu’il la rejoigne et se déclare publiquement en faveur de la paix. Alors que Wang ne parvient pas à se décider en décembre, c’est elle, toujours selon Tao Xisheng, qui finit par le convaincre de franchir le Rubicon. Peu avant la défection du 18 décembre, elle se rend à Kunming pour rencontrer Long Yun et tenter de le rallier au futur Mouvement pour la paix.

Les officiers japonais chargés de l’ « opération Wang Jingwei » découvrent une femme à poigne, bien décidée à défendre l’honneur de son mari. À l’arrivée en bateau de Wang à Shanghai en mai 1939, alors que Kagesa Sadaaki souhaite le placer sous protection japonaise, Chen Bijun menace de traverser la crique de Suzhou à la nage si les Japonais ne le laissent pas s’installer dans la concession française. Si l’image de la « grosse vieille dame » pataugeant dans l’eau boueuse fait sourire Inukai Ken, ce caractère fier inspire un certain respect à Imai Takeo qui écrira après-guerre un essai sur Chen Bijun. Elle conserve cette attitude à l’égard des Japonais tout au long de l’occupation. Yazaki Kanjū, qui l’a souvent fréquentée, dira de Chen qu’elle a toujours mis un point d’honneur à être désagréable avec ses interlocuteurs japonais, quel que soit leur rang, de sorte qu’ils la craignaient tous. Cette attitude agace jusqu’au général Hata Shunroku. Le 7 octobre 1942, Zhou Fohai rapporte ainsi que ce dernier s’est plaint des interférences incessantes de Chen dans les affaires politiques, allant même jusqu’à affirmer que si cela devait continuer, le Gouvernement national s’effondrerait et qu’il en serait fini de la Chine. Et Zhou d’ajouter : « j’entends souvent des propos semblables chez les dirigeants japonais, mais il m’est difficile d’en faire part à M. Wang […] Toutefois, si je ne fais rien, je crains que les Japonais ne finissent par lui en faire la remarque, ce qui serait une perte de face considérable. Comment faire ? ».

Peu après l’installation de Wang à Shanghai en mai 1939, Chen Bijun repart à Hongkong pour s’occuper de sa mère en échappant aux agents de Dai Li qui ont ordre de la tuer. Tout en participant activement aux préparatifs du futur régime – Hu Lancheng la compare alors à un premier ministre de l’ombre, elle commence sa conquête du pouvoir dans la région de Canton. À travers elle, Wang réussit là où Jiang Jieshi avait longtemps échoué en contrôlant, depuis Nankin, le berceau du régime nationaliste. Nommée « superviseur politique du Guangdong » (Guangdong zhengzhi zhidaoyuan 廣東政治指導員), Chen Bijun supplante les collaborateurs déjà en place en les remplaçant par des parents (Chen Yaozu, Chen Chunpu, Chu Minyi) qui forment le noyau d’une faction connue sous différents noms : « clique du Palais » (gongguan pai 公館派), « clique de Madame » (furen pai 夫人派) ou encore « bande du Guangdong » (Guangdong bang 廣東幫). À la tête de ce sérail au service de Wang que l’usage du cantonais contribue à couper des autres dirigeants, Chen Bijun exerce un pouvoir sans commune mesure avec les postes qu’elle occupe dans les différents comités du gouvernement, notamment parce qu’elle contrôle l’accès à la personne de Wang. Le consul Pierre Salade écrit que ce dernier est « presque toujours guidé par sa femme qui a une fâcheuse tendance à désigner trop souvent pour des postes importants des protégés sans valeur qui lui doivent tout et sur lesquels elle exerce une influence tyrannique » (4 août 1941). Cet éternel procès en manipulation intenté à Chen découle en partie du contraste qu’elle offre avec son mari. Comparée aux manières douces et au physique avenant de ce dernier, elle apparaît comme une virago irascible que les membres du gouvernement surnomment « vieille bique » (lao taipo 老太婆) derrière son dos.

Au moment de l’invasion de Hongkong en décembre 1941, Chen Bijun organise l’accueil des réfugiés à Canton et, à la fin de la guerre, obtient une baisse du prix du riz pour éviter une famine. Si son arrogance la sert dans ses négociations avec les autorités d’occupation, elle apparaît comme une diva capricieuse aux yeux des responsables chinois. Chen ne se déplace jamais sans sa cour composée notamment de l’épouse de Chu Minyi et de la veuve de Zeng Zhongming. En tournée dans les zones de pacification, elle se déplace en train spécial et accapare des antiquités pour sa collection. Cette réputation la dessert à partir de 1944, après l’assassinat de son frère Chen Yaozu en avril et la marginalisation de la clique du Palais à la suite de la disparition de Wang Jingwei en novembre. Pierre Salade écrit alors que la « personnalité et le caractère de Mme Wang Tsing Wei créent un problème malaisé. Elle s’est attirée l’animosité de la plupart des membres du Gouvernement à commencer par M. Tcheng Kong Po [Chen Gongbo], et a eu de nombreuses difficultés avec les autorités japonaises. La solution qui serait propre à satisfaire presque tout le monde consiste pour elle à établir sa résidence à Canton. Comme, toutefois, elle est membre du […] [Comité politique central], il est à craindre […] qu’elle continue à imposer aux milieux gouvernementaux de Nanking une présence indésirable que l’on subira en mémoire de son mari » (15 nov. 1944). De fait, si elle passe désormais l’essentiel de son temps à Canton, Chen Bijun garde un certain ascendant à Nankin. Lorsqu’en mars 1945 on l’avertit qu’il manque des fonds pour financer l’armée et les fonctionnaires du Guangdong, Chen fait pression avec succès sur les Japonais et ne prévient Zhou Fohai qu’après coup. De même, lorsque son choix de nommer Chu Minyi à la tête du Guangdong en avril est rejeté, elle prend l’avion pour Nankin et fait plier Chen Gongbo. Elle est, avec Chu Minyi, la première dirigeante du régime à être arrêtée par Chongqing.

Chen Bijun passe en procès à Suzhou le 16 avril 1946. Sa défense éloquente manque de transformer le procès de la collaboration en celui de l’abandon de la population par le régime de Jiang Jieshi. Soulignant les contradictions du GMD et le patriotisme de Wang Jingwei, elle s’attire les applaudissements de l’assistance. Condamnée à la prison à perpétuité, elle purge sa peine à Shanghai où elle décède dix ans après l’arrivée des Communistes au pouvoir. La légende veut que ses anciennes camarades de l’aile gauche, Song Qingling et He Xiangning, aient plaidé sa cause auprès de Mao Zedong, mais que fière jusqu’au bout, Chen Bijun ait refusé de reconnaître ses crimes en échange de la liberté. Il semble toutefois que cette histoire soit sortie de l’imagination d’un historien peu scrupuleux. Chen Gongbo aurait un jour déclaré : « Sans Chen Bijun, Wang Jingwei n’aurait pas réussi mais il n’aurait pas non plus échoué ».

Sources : Zhang Yingfu 1993 ; http://wangjingwei.org/en/ chen-bijun-en/ ; MRDC, p. 1073 ; Li Zhiyu 2014, p. 40-41, 57, 69 ; WKS, p. 717-721 ; Tao Xisheng 2008, p. 157-161 ; Boyle 1972, p. 281 ; Imai Sadao, 2009 ; Wu Shu-feng 2015 ; Yick 2014ab ; ADF 327 ; Musgrove 2005 ; Zhang Jiajun 2014, p. 343-345 ; ZR, p. 656.

Pour citer cette biographie : David Serfass, "Chen Bijun  陳璧君 (1891-1959)", Dictionnaire biographique de la Chine occupée, URL : https://bdoc.enpchina.eu/bios/chen-bijun/, dernière mise à jour le 4 octobre 2023. 

English (automatic translation)

Chen Bijun was certainly one of the most powerful figures in the government of her husband Wang Jingwei and perhaps the only one to inspire some fear among the Japanese leaders of the occupation state, because of her strong character. Chen Bijun was born in Penang (Malaysia) to a wealthy family from Xinhui (Guangdong). Her father, Chen Gengquan 陳耕全, was a penniless former imperial exam bachelor who made his fortune in rubber and tin. She received a solid Chinese and Western education.

In 1908, Chen met Wang Jingwei when he accompanied Sun Yat-sen and Hu Hanmin 胡漢民 (1879-1936) to Singapore. She joined the Tongmenghui 同盟會 and went to study in Japan after breaking her engagement to a cousin. Protected by the nationalist circles of Tokyo, whose activities she helped financing, Chen participated alongside Wang in the plot to assassinate the Prince Regent in 1910. The day before the assassination, Wang and Chen became engaged. The plot was discovered and Wang was imprisoned to be executed. Hu Hanmin married them after the release of Wang, who had become a national hero. In 1912, they left for France to pursue their studies. During this stay, affected by the Great War, Chen gave birth to two children and worked as a nurse for the Red Cross. She returned to China five years later following her husband.

Even then, Wang Jingwei was accused of being controlled by his wife. In the context of the division of the nationalist movement after the failure of the second revolution in 1913, members of the Revolutionary Party circulated a pamphlet on the subject. In a letter, Sun Yat-sen himself complained that Wang was his wife’s puppet. This did not prevent him from acknowledging Chen’s talents to raise funds. During a tour in the United States in 1923, she gave birth to a fifth child, who died soon after. Chen was one of the three female representatives at the GMD’s first congress in January 1924 and remained at Sun’s bedside during his agony the following year. Wang Jingwei became the highest official in the new nationalist government established in July 1925.

Chen Bijun wrote shortly afterwards to her husband to ask him to resign, out of respect for the anarchist ideal they had advocated after the 1911 Revolution; proof that she did not hesitate to give her opinion, but also that Wang did not always listen to her. Chen was worried about the rising tensions in Canton between Sun Yat-sen’s heirs. After the assassination of Liao Zhongkai 廖仲愷 (1877-1925), she wrote to Wu Zhihui 吳稚暉 (1865-1953) to entrust her children to him in case of misfortune. She followed Wang into his new exile in France after the Zhongshan gunboat incident in March 1926. They returned a year later, when the disintegration of the united front resulted in a schism of the GMD in which Wang now opposed Jiang Jieshi frontally. Chen Bijun served on the Women’s Committee of the GMD Central Bureau alongside Sun Yat-sen’s widow, Song Qingling 宋慶齡 (1893-1981) and Liao Zhongkai’s widow, He Xiangning 何香凝 (1878-1972). Chen then went back to France during the troubles which ended in 1931 with the reconciliation between Jiang and Wang in which she played an important role in representing her husband in his negotiations with Jiang.

During the “Nanjing decade”, Chen was a senior member of the GMD, fighting for women’s rights. Instead of “Wang’s wife” (Wang furen 汪夫人), she preferred the title of “Committee member Chen” (Chen weiyuan 陳委員). The day of the assassination attempt against Wang in November 1935, she broke into Jiang Jieshi’s office and accused him of being the instigator. Chen remained in China during Wang’s convalescence in Europe to defend her husband’s interests until his return in 1937. Much has been written about the role she played in her husband’s defection by this woman often portrayed as a Lady Macbeth. In his memoirs, Tao Xisheng states that she kept pushing Wang to break up with Jiang Jieshi. In the middle of 1938, she allegedly sent him a letter from Hong Kong to join her and publicly declare his support for peace. While Wang could not make up his mind in December, it was she, according to Tao Xisheng, who finally convinced him to cross the Rubicon. Shortly before the December 18 defection, she went to Kunming to meet with Long Yun and try to win him over to the future peace movement.

The Japanese military officers in charge of “Operation Wang Jingwei” encountered a strong-willed woman who was determined to defend her husband’s honor. When Wang arrived in Shanghai by boat in May 1939, Kagesa Sadaaki wanted to place him under Japanese protection. Chen Bijun threatened to swim across Suzhou Creek if the Japanese did not let Wang settle in the French concession. If the image of the “fat old lady” wading through the muddy water brought a smile to Inukai Ken’s face, this proud character inspired a sense of respect in Imai Takeo who wrote an essay on Chen Bijun after the war. She maintained this attitude toward the Japanese throughout the occupation. Yazaki Kanjū, who often had to deal with her, would say of Chen that she always made it a point to be unpleasant with her Japanese interlocutors, regardless of their rank, causing them all to fear her. This attitude annoyed even General Hata Shunroku. On October 7, 1942, Zhou Fohai reported that Hata had complained about Chen’s constant interference in political affairs, even going so far as to say that if this continued, the National Government would collapse and China would be doomed. Zhou added, “I often hear similar things from Japanese leaders, but it is difficult for me to tell Mr. Wang about it…However, if I don’t do anything about it, I am afraid that the Japanese will end up telling him about it, which would be a great loss of face. What can I do? “.

Shortly after Wang moved to Shanghai in May 1939, Chen Bijun returned to Hong Kong to look after her mother, escaping Dai Li’s agents who had orders to kill her. While actively participating in the preparations for the future regime – Hu Lancheng compared her to a shadow prime minister – she began her conquest of power in Canton. Through her, Wang succeeded where Jiang Jieshi had long failed, controlling the cradle of the nationalist regime from Nanjing. Appointed “political supervisor of Guangdong” (Guangdong zhengzhi zhidaoyuan 廣東政治指導員), Chen Bijun supplanted the existing local collaborators by replacing them with her relatives (Chen Yaozu, Chen Chunpu, Chu Minyi). They formed the core of a faction known under different names: “Palace clique” (gongguan pai 公館派), “Madam’s clique” (furen pai 夫人派) or “Guangdong gang” (Guangdong bang 廣東幫). As the head of this Cantonese-speaking group at Wang’s service, Chen Bijun wields power far out of proportion to the positions she held in the various government committees, not least because she controlled access to her husband. French consul Pierre Salade wrote that Wang was “almost always guided by his wife, who has an unfortunate tendency to appoint to important positions worthless protégés who owe her everything and over whom she exercises a tyrannical influence” (4 August 1941). This persistent accusation of manipulation made against Chen stemmed in part from the contrast she offered with her husband. Compared to his gentle manners and good looks, she came across as an irascible virago whom government members nicknamed “old crone” (lao taipo 老太婆) behind her back.

At the time of the invasion of Hong Kong in December 1941, Chen Bijun organized the refugee relief in Canton and, at the end of the war, obtained a reduction in the price of rice to avoid a famine. While her arrogance served her well in her negotiations with the occupation authorities, she appeared as a capricious diva in the eyes of Chinese officials. Chen never travelled without her court, which included Chu Minyi’s wife and Zeng Zhongming’s widow. When touring the pacification zones, she travelled by special train and collected antiques for her collection. This reputation did her no good from 1944 onwards, after the assassination of her brother Chen Yaozu in April and the marginalization of the Palace clique following the death of Wang Jingwei in November. Pierre Salade wrote that “the personality and character of Mrs. Wang Tsing Wei create an awkward problem. She has attracted the animosity of most members of the government, beginning with Mr. Tcheng Kong Po [Chen Gongbo], and has had many disagreements with the Japanese authorities. The solution that would satisfy almost everyone is for her to establish her residence in Canton. Since, however, she is a member of the…[Central Political Committee], it is to be feared … that she will continue to impose an undesirable presence on the government circles in Nanking which will be endured in memory of her husband” (15 Nov. 1944).

Although she now spent most of her time in Guangzhou, Chen Bijun retained some influence in Nanjing. When she was warned in March 1945 that there was a lack of funds to finance the army and officials in Guangdong, Chen successfully lobbied the Japanese and only informed Zhou Fohai afterwards. Similarly, when her choice to appoint Chu Minyi as head of Guangdong in April was rejected, she flew to Nanjing and made Chen Gongbo bend. She was, with Chu Minyi, the first regime leader to be arrested by the Chongqing authorities.

Chen Bijun went on trial in Suzhou on April 16, 1946. Her eloquent defense almost turned the trial of collaboration into that of the abandonment of the population by the Jiang Jieshi regime. Pointing out the GMD’s contradictions and Wang Jingwei’s patriotism, Chen won the applause of the audience. Sentenced to life imprisonment, she served her sentence in Shanghai where she died ten years after the Communists came to power. Legend has it that her former left-wing comrades, Song Qingling and He Xiangning, pleaded her case to Mao Zedong, but Chen Bijun, proud to the end, refused to acknowledge her crimes in exchange for freedom. However, it seems that this story was imagined by an unscrupulous historian. Chen Gongbo was once quoted as saying, “Without Chen Bijun, Wang Jingwei would not have succeeded, but he would not have failed either.


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