He Shizhen

何世楨

18951972

Lieu d'origine

Wangjiang 望江

Province d'origine

Anhui 安徽

Issu d’une famille de hauts fonctionnaires originaire de Wangjiang (Anhui), He Shizhen sort diplômé en anglais de l’Université de Pékin en 1918, avant de suivre des études de droit à l’Université Soochow (dongwu daxue 東吳大學). Il joue un rôle important lors des manifestations patriotiques du 4 mai 1919, dans le cadre de la Fédération étudiante de Shanghai (Shanghai xuesheng lianhehui 上海學生聯合會). Il fait à cette occasion la connaissance de Sun Yat-sen, alors désireux d’apporter du sang neuf à son mouvement nationaliste. Devenu un intime du grand homme, c’est à son invitation que He adhère, cette même année, au GMD. Il part ensuite poursuivre ses études aux États-Unis en compagnie de son frère cadet He Shimei 何世枚 (1896-1975). Tous deux obtiennent, en 1922, un doctorat de droit à l’Université du Michigan.

À son retour en Chine, He Shizhen enseigne le droit à l’Université Soochow, tout en servant Sun Yat-sen comme conseiller juridique. C’est à cette époque qu’il se lie avec plusieurs Japonais influents proches de Sun. Représentant de la Chine en 1923 lors du congrès de l’Union des associations internationales, il est choisi par Sun Yat-sen pour être l’un des trois délégués de Shanghai lors du premier Congrès national du GMD (Zhongguo guomindang quanguo daibiao dahui 中國國民黨全國代表大會) réuni à Canton en janvier 1924. Cette même année, He et son frère fondent une université privée à Shanghai appelée “Université de la persévérance” ou Université Chizhi (chizhi daxue 持志大學), qui est à l’origine de la prestigieuse Université des études internationales de Shanghai (Shanghai waiguoyu xueyuan 上海外國語學院) fondée en décembre 1949. À la mort de Sun en 1925, He reporte sa loyauté sur le chef de file de l’aile droite du GMD, Hu Hanmin 胡漢民 (1879-1936). Durant la décennie suivante, He occupe divers postes dans les instances centrales et locales du parti-État nationaliste. Membre du Comité exécutif central (zhongyang zhixing weiyuanhui 中央執行委員會) et du Comité politique central (zhongyang zhengzhi weiyuanhui 中央政治委員會) du GMD à partir de 1926, il intègre l’année suivante l’administration provinciale de l’Anhui comme chef du Bureau de l’Éducation (jiaoyuting 教育廳). En juillet 1929, He est nommé président du Tribunal provisoire de la Concession internationale de Shanghai (Shanghai gonggong zujie linshi fayuan 上海公共租界臨時法院). En 1932, il entre au gouvernement comme vice-ministre chargé des affaires civiles (zhengwu cizhang 政務次長) du ministère de la Justice (sifa xingzheng bu 司法行政部).

He reste à Shanghai au début de la guerre, de même que d’autres membres du GMD issus de la faction de Hu Hanmin opposée à Jiang Jieshi, tels que Chen Qun, Miao Bin, Ren Yuandao et Cai Pei. Contrairement aux trois premiers, He ne participe pas aux gouvernements collaborateurs mis en place par l’occupant en 1937-1938. Il ne va toutefois pas tarder à devenir une personnalité en vue dans les milieux collaborateurs, tout en s’imposant comme l’un des meilleurs atouts de Chongqing en zone occupée, aux côtés d’un autre proche de Hu Hanmin, dont le nom reste associé à celui de He : Chen Zhongfu. L’itinéraire qui conduit He Shizhen à servir comme agent double (voire triple) a fait l’objet de divers récits parfois contradictoires. Qu’ils soient ou non avérés, ils traduisent l’intérêt certain que suscitent chez les différentes agences du régime nationaliste l’influence et les réseaux que He possède à Shanghai. À l’automne 1938, trois personnalités de premier plan, Kong Xiangxi 孔祥熙 (1881-1967), Yu Youren 于右任 (1879-1964) et Ju Zheng 居正 (1876-1951), demandent à He et à Chen Zhongfu de s’informer sur la possibilité d’une issue pacifique au conflit. Au même moment, Chen Lifu 陳立夫 (1900-2001) envoie à Shanghai Chen Hui 陳惠, qui contacte He et Chen pour qu’ils l’aident à récolter des informations sur les projets de l’occupant. Selon un autre témoignage, c’est un ancien étudiant de l’Université Chizhi, Xu Mingcheng 徐明誠, alors membre du Bureau du Sud-Est de l’état-major (junlingbu dongnan banshichu 軍令部東南辦事處), qui convainc He de mettre de côté son opposition à Jiang Jieshi pour le bien du pays. Il lui demande de réactiver son réseau japonais afin de collecter des informations sur les intentions du camp ennemi et d’exploiter les divisions en son sein. He s’envole alors pour Chongqing afin d’y recevoir ses ordres. De retour à Shanghai, il multiplie les contacts avec l’occupant.

De fait, après l’arrivée du groupe de Wang Jingwei à Shanghai en mai 1939, He s’emploie à ralentir la formation du nouveau gouvernement collaborateur. Lorsqu’il apprend que les Japonais misent sur une coopération entre Wang Jingwei et l’ancien seigneur de la guerre Wu Peifu 吳佩孚 (1874-1939), He et Chen se rendent auprès de Wu pour le dissuader. He conforte les autorités d’occupation dans l’idée que seules des négociations directes avec Chongqing permettront de trouver une issue au bourbier chinois, contribuant ainsi à ralentir l’avènement du nouveau régime, que Wang Jingwei espérait initialement inaugurer le 10 octobre 1939. L’un des principaux interlocuteurs de He est alors Onodera Makoto 小野寺信 (1897-1987), qui fait plusieurs allers-retours entre Shanghai et Tokyo pour tenter de rétablir le contact entre les dirigeants japonais et Jiang Jieshi. À l’été 1939, He est approché par le groupe de Wang Jingwei pour prendre part au “6e Congrès national” du GMD pro-japonais, mais s’attire la colère de Wang en refusant. Avec Chen Zhongfu, il crée la Nouvelle Ligue jurée (xin tongmenghui 新同盟會) pour s’opposer au monopole que Wang entend exercer en zone occupée sur l’héritage politique de Sun Yat-sen. Le nom de He Shizhen apparaît néanmoins parmi les membres des instances centrales du GMD “orthodoxe” de Wang, dont la liste est publiée dans la presse au lendemain du congrès réuni du 28 au 30 août 1939. Il est possible que ce soit là un moyen de lui forcer la main. Dans ses mémoires, Jin Xiongbai affirme pourtant que He était bien présent lors du congrès (quoiqu’il l’ait ensuite nié, précise-t-il). Jin note au passage que He est l’un des très rares participants à avoir été membre du Comité politique central d’avant-guerre, tout comme Wang, Chu Minyi, Chen Gongbo, Zhou Fohai et Kesingge 克興額 (1889-1950, ch. Li Zhinan 李指南). Quoi qu’il en soit, He est visé par un mandat d’arrêt émis par Chongqing, le 12 septembre 1939, contre les transfuges du GMD ayant choisi de participer au “Mouvement pour la paix” de Wang Jingwei, tels que Chu Minyi ou Mei Siping, sans que l’on sache très bien s’il s’agit d’un stratagème pour parfaire la couverture de He ou bien, plus vraisemblablement, d’un problème de communication entre les agents de Chen Lifu à Shanghai et les autorités centrales à Chongqing.

Le 15 septembre 1939, He Shizhen adresse un télégramme virulent à Jiang Jieshi et aux autres dirigeants réfugiés à Chongqing dans lequel il dénonce la politique de résistance du Gouvernement nationaliste comme une faute dont ils devraient “se repentir”. Selon lui, seule une politique d’union nationale et de paix peut mettre fin aux souffrances des Chinois. Ce télégramme est publié dans le Zhonghua ribao 中華日報, principal organe de presse du groupe de Wang Jingwei. Les rapports qu’entretient He avec ce dernier n’en restent pas moins conflictuels. Le 9 janvier 1940, Zhou Fohai se rend ainsi chez Wang pour discuter de la crise provoquée par la fuite de Gao Zongwu et Tao Xisheng à Hong Kong, mais aussi “pour gérer le problème posé par Chen Zhongfu et He Shizhen“. De même, Zhou rapporte dans son journal que, le 11 septembre 1940, Kagesa Sadaaki le met en garde contre “les plans de Chen Zhongfu et He Shizhen pour détruire le Gouvernement national [de Nankin]“. Pour cette raison, il semble que He n’ait pas occupé de position dans le régime de Wang Jingwei. Il n’en reste pas moins actif en zone occupée tout au long de la guerre.

À partir de 1942 au plus tard, les activités secrètes de He Shizhen prennent pour cadre la branche shanghaienne du Centre de recherche sur les questions internationales (guoji wenti yanjiusuo 國際問題研究所) dirigé depuis sa création en 1937 par le lieutenant-général Wang Pengsheng 王芃生 (1896-1946), réputé être le meilleur spécialiste du Japon au sein de l’armée chinoise. En octobre 1943, Xu Mingcheng, l’ancien étudiant de He évoqué plus haut, se voit confier la direction des opérations du Centre de recherche sur les questions internationales dans la zone Shanghai-Hangzhou-Nankin. En décembre, il installe des transmetteurs radio chez Sun Baiqun 孫伯群, un cousin de He Shizhen qui dirige l’entreprise familiale des minoteries Fufeng 阜豐麵粉廣, au domicile de He lui-même ainsi que chez l’un de ses anciens étudiants résidant à Hangzhou, Lao Jianshao 勞鑒劭 (1904-1984). Outre son travail clandestin pour Chongqing, He vient également en aide au PCC. C’est par son intermédiaire que les Communistes ouvrent un compte à découvert à la Banque centrale de réserve (zhongyang chubei yinhang 中央儲備銀行) dirigée par Zhou Fohai et créent des entreprises servant de façade pour approvisionner la Nouvelle 4e armée. Lors des épisodes de pénurie à Shanghai, son cousin Sun Baiqun et lui fournissent de la farine aux agents communistes.

En octobre 1944, He est impliqué dans la première tentative japonaise de capitulation. Cette affaire remonte à 1941, lorsque He est approché par Shin Suk Woo 신석우 申錫雨 (1895-1953), un ancien leader indépendantiste coréen, dont Konoe Fumimaro a fait son émissaire à Shanghai dans le but de rétablir un canal de négociation avec Jiang Jieshi. He accompagne Shin à Hong Kong à l’été 1941 pour le présenter à Xu Mingcheng. Sur ordre de Wang Pengsheng, He et Xu retournent Shin, qui accepte de fournir des renseignements aux services secrets chinois. Après l’attaque de Pearl Harbor, l’entourage de Konoe trame une conjuration qui aboutit, en 1944, à la formation d’une société secrète du nom d’Itsuyūkai 乙酉会 (Association de 1945). Elle se donne pour objectif de renverser Tōjō Hideki 東條英機 (1884-1948) et de mettre fin, d’ici 1945, à la guerre contre les États-Unis, jugée suicidaire. Konoe confie à son frère cadet, le baron Miyagawa Tadamaro 水谷川忠麿 (1902-1961), le soin de mener à bien cette mission avec l’aide de Shin Suk Woo. En janvier 1944, Shin est prévenu par Miyagawa que l’Itsuyūkai prépare un coup d’État contre le cabinet Tōjō. Avant d’agir, les conjurés souhaitent s’assurer que les Alliés sont prêts à négocier avec le futur gouvernement japonais. Xu Mingcheng transmet la requête à ses supérieurs. La réponse n’arrive qu’en août, alors que les revers militaires viennent de coûter son poste à Tōjō : une capitulation sans conditions du Japon est exigée comme préalable à des négociations. Le 12 octobre, He Shizhen prévient le baron Miyagawa, qui atterrit à Shanghai deux jours plus tard. Malgré les efforts de la partie japonaise, il semble que cette demande de capitulation ne soit jamais arrivée aux oreilles des Américains et des Britanniques.

Au lendemain de la reddition japonaise, le 15 août 1945, He est chargé par Chongqing de la réquisition des biens ennemis à Shanghai. Preuve qu’il n’est pas considéré comme un collaborateur, il n’est pas inquiété par l’épuration judiciaire qui s’ensuit. En 1948, He siège même comme député dans la nouvelle Assemblée nationale (guomin dahui 國民大會). Sa loyauté envers le GMD a tout de même des limites puisqu’il décide de ne pas suivre le Gouvernement national à Taiwan en 1949. Lors d’une visite à Shanghai, Zhou Enlai lui propose un poste, mais He décline. En août 1968, il est rattrapé par l’ « Affaire Pan Hannian », du nom de l’ancien espion communiste en zone occupée, qui est relancée au moment de la Révolution culturelle. Emprisonné pendant quatre ans, il est libéré pour raisons médicales quelques jours avant sa mort, le 17 octobre 1972. Lors du réexamen de son dossier en 1979, la Préfecture de police (gong’anju 公安局) de Shanghai reconnaît la contribution de He à la résistance communiste pendant la guerre.

Sources : Xu Youchun 2007, p. 664 ; Baidu ; Yang Tianshi 1999 ; WKS, p. 46 ; Shieh 1995, p. 172, 173 ; ZR, p. 227, 348 ; Fishel 1949 ; Imai Takeo 1987, p. 209-212.

Pour citer cette biographie : David Serfass, "He Shizhen  何世楨 (1895-1972)", Dictionnaire biographique de la Chine occupée, URL : https://bdoc.enpchina.eu/bios/he-shizhen/, dernière mise à jour le 4 mars 2024. 

English (automatic translation)

Hailing from a family of high-ranking officials in Wangjiang (Anhui), He Shizhen graduated with a degree in English from Peking University in 1918, before pursuing legal studies at Soochow University (Dongwu daxue 東吳大學). He played a significant role during the patriotic demonstrations of May Fourth, 1919, as part of the Shanghai Students’ Federation (Shanghai xuesheng lianhehui 上海學生聯合會). It was during this period that he became acquainted with Sun Yat-sen, who was at the time keen on infusing new blood into his nationalist movement. Becoming a confidant of the great leader, it was at Sun’s invitation that He joined the GMD in the same year. He then went on to continue his studies in the United States alongside his younger brother He Shimei 何世枚 (1896-1975). Both brothers received their doctorates in law from the University of Michigan in 1922.

Upon his return to China, He Shizhen took up a position teaching law at Soochow University, while also serving as a legal advisor to Sun Yat-sen. It was during this time that he established connections with several influential Japanese who were close to Sun. As a representative of China in 1923 at the congress of the Union of International Associations, He was chosen by Sun Yat-sen to be one of the three delegates from Shanghai at the inaugural National Congress of the GMD (Zhongguo guomindang quanguo daibiao dahui 中國國民黨全國代表大會) convened in Guangzhou in January 1924. In that same year, He and his brother founded a private university in Shanghai known as the “University of Perseverance,” or Chizhi University (Chizhi daxue 持志大學), which was to become the prestigious Shanghai International Studies University (Shanghai waiguoyu xueyuan 上海外國語學院) established in December 1949. Following Sun‘s death in 1925, He shifted his allegiance to Hu Hanmin 胡漢民 (1879-1936), the leader of the GMD’s right wing. Throughout the next decade, He held various positions within the central and local organs of the nationalist party-state. A member of the Central Executive Committee (Zhongyang zhixing weiyuanhui 中央執行委員會) and the Central Political Committee (Zhongyang zhengzhi weiyuanhui 中央政治委員會) of the GMD starting from 1926, he joined the Anhui provincial administration the following year as the head of the Education Bureau (Jiaoyuting 教育廳). In July 1929, He was appointed president of the Provisional Court of the International Settlement of Shanghai (Shanghai gonggong zujie linshi fayuan 上海公共租界臨時法院). By 1932, he had entered the government as the Deputy Minister in charge of civil affairs (Zhengwu cizhang 政務次長) at the Ministry of Justice (Sifa xingzheng bu 司法行政部).

He Shizhen remained in Shanghai at the outset of the war, along with other members of the GMD who were part of the Hu Hanmin faction opposed to Jiang Jieshi, such as Chen Qun, Miao Bin, Ren Yuandao, and Cai Pei. Unlike the first three, He did not participate in the collaborative governments established by the occupiers in 1937-1938. However, he soon became a prominent figure in the collaborationist circles while also emerging as one of Chongqing’s most valuable assets in the occupied zone, alongside another associate of Hu Hanmin, with whom He’s name is often linked: Chen Zhongfu. The path that led He Shizhen to serve as a double (or possibly triple) agent has been the subject of various, sometimes contradictory accounts. Whether they are verified or not, these stories reflect the definite interest that the different agencies of the nationalist regime had in He’s influence and networks in Shanghai. In the fall of 1938, three leading figures, Kong Xiangxi 孔祥熙 (1881-1967), Yu Youren 于右任 (1879-1964), and Ju Zheng 居正 (1876-1951), asked He and Chen Zhongfu to explore the possibility of a peaceful resolution to the conflict. At the same time, Chen Lifu 陳立夫 (1900-2001) sent Chen Hui 陳惠 to Shanghai to contact He and Chen to assist him in gathering information on the occupier’s plans. According to another account, it was a former student of Chizhi University, Xu Mingcheng 徐明誠, then a member of the Southeast Office of the military headquarters (Junlingbu dongnan banshichu 軍令部東南辦事處), who convinced He to set aside his opposition to Jiang Jieshi for the good of the country. He was asked to reactivate his Japanese network to collect information on the enemy’s intentions and to exploit divisions within their ranks. He then flew to Chongqing to receive his orders. Upon returning to Shanghai, he intensified his contacts with the occupiers.

Indeed, following the arrival of the Wang Jingwei group in Shanghai in May 1939, He Shizhen set about delaying the formation of the new collaborationist government. When he learned that the Japanese were counting on cooperation between Wang Jingwei and the former warlord Wu Peifu 吳佩孚 (1874-1939), He and Chen Zhongfu visited Wu to dissuade him. He convinced the occupying authorities that only direct negotiations with Chongqing would provide a solution to the Chinese quagmire, thus contributing to the delay of the new regime’s establishment, which Wang Jingwei had initially hoped to inaugurate on October 10, 1939. One of He’s main contacts at that time was Onodera Makoto 小野寺信 (1897-1987), who made several trips between Shanghai and Tokyo trying to re-establish contact between the Japanese authorities and Jiang Jieshi. In the summer of 1939, He was approached by the Wang Jingwei group to participate in the “6th National Congress” of the pro-Japanese GMD, but incurred Wang’s wrath by refusing. Together with Chen Zhongfu, he created the New Tongmenghui (Xin tongmenghui 新同盟會) to oppose the monopoly that Wang sought to exert in the occupied zone over the political legacy of Sun Yat-sen. Nevertheless, He Shizhen’s name appeared among the members of the central bodies of Wang’s “orthodox” GMD, the list of which was published in the press following the congress held from August 28 to 30, 1939. It is possible that this was a means of pressuring him. In his memoirs, Jin Xiongbai nevertheless affirms that He was indeed present at the congress (although he later denied it, he clarifies). Jin also notes in passing that He was one of the very few participants who had been a member of the pre-war Central Political Committee, along with Wang, Chu Minyi, Chen Gongbo, Zhou Fohai, and Kesingge 克興額 (1889-1950, Ch. Li Zhinan 李指南). Regardless, He was targeted by an arrest warrant issued by Chongqing on September 12, 1939, against GMD defectors who had chosen to participate in Wang Jingwei‘s “Peace Movement,” such as Chu Minyi or Mei Siping. It remains unclear whether this was a ploy to perfect He’s cover or a communication problem between Chen Lifu’s agents in Shanghai and the central authorities in Chongqing.

On September 15, 1939, He Shizhen sent a scathing telegram to Jiang Jieshi and the other leaders who had taken refuge in Chongqing, in which he condemned the resistance policy of the Nationalist Government as a mistake for which they should “repent.” According to him, only a policy of national unity and peace could end the suffering of the Chinese people. This telegram was published in the Zhonghua ribao 中華日報, the main press organ of the Wang Jingwei group. Nonetheless, He’s relationship with this group remained contentious. On January 9, 1940, Zhou Fohai visited Wang to discuss the crisis provoked by the flight of Gao Zongwu and Tao Xisheng to Hong Kong, but also “to manage the problem posed by Chen Zhongfu and He Shizhen.” Similarly, Zhou recorded in his diary that on September 11, 1940, Kagesa Sadaaki warned him against “the plans of Chen Zhongfu and He Shizhen to destroy the [Nanjing] National Government.” For this reason, it appears that He did not hold a position within the Wang Jingwei regime. Nevertheless, he remained active in the occupied zone throughout the war.

From 1942 at the latest, He Shizhen’s clandestine activities were centered around the Shanghai branch of the International Issues Research Center (Guoji wenti yanjiusuo 國際問題研究所), led since its inception in 1937 by Lieutenant General Wang Pengsheng 王芃生 (1896-1946), who was reputed to be the Chinese military’s foremost expert on Japan. In October 1943, Xu Mingcheng, a former student of He mentioned earlier, was entrusted with the leadership of the operations of the International Issues Research Center in the Shanghai-Hangzhou-Nanjing area. In December, he set up radio transmitters at the home of Sun Baiqun 孫伯群, a cousin of He Shizhen who ran the family’s Fufeng Flour Mills 阜豐麵粉廣, at He’s own residence, and at the Hangzhou home of another of his former students, Lao Jianshao 勞鑒劭 (1904-1984). In addition to his undercover work for Chongqing, He also assisted the CCP. It was through his intermediary that the Communists opened an overdraft account at the Central Reserve Bank (Zhongyang chubei yinhang 中央儲備銀行) managed by Zhou Fohai and created front companies to supply the New Fourth Army. During episodes of shortage in Shanghai, his cousin Sun Baiqun and he provided flour to Communist agents.

In October 1944, He was involved in the first Japanese attempt at capitulation. This matter traced back to 1941, when He was approached by Shin Suk Woo 신석우 申錫雨 (1895-1953), a former Korean independence leader, whom Konoe Fumimaro had made his emissary in Shanghai with the goal of establishing a negotiation channel with Jiang Jieshi. He accompanied Shin to Hong Kong in the summer of 1941 to introduce him to Xu Mingcheng. On the orders of Wang Pengsheng, He and Xu convinced Shin to provide intelligence to the Chinese secret services. After the attack on Pearl Harbor, Konoe’s entourage hatched a conspiracy that led, in 1944, to the formation of a secret society named Itsuyūkai 乙酉会 (Association of 1945). Its goal was to overthrow Tōjō Hideki 東條英機 (1884-1948) and to end, by 1945, the war against the United States, deemed suicidal. Konoe entrusted his younger brother, Baron Miyagawa Tadamaro 水谷川忠麿 (1902-1961), with the task of accomplishing this mission with the help of Shin Suk Woo. In January 1944, Shin was informed by Miyagawa that the Itsuyūkai was preparing a coup against the Tōjō cabinet. Before acting, the conspirators wished to ensure that the Allies were ready to negotiate with the prospective Japanese government. Xu Mingcheng transmitted the request to his superiors. The response only came in August, as military setbacks had just cost Tojo his position: an unconditional surrender of Japan was demanded as a prerequisite for negotiations. On October 12, He Shizhen warned Baron Miyagawa, who landed in Shanghai two days later. Despite the efforts of the Japanese party, it appears this request for capitulation never reached the ears of the Americans and the British.

Following the Japanese surrender on August 15, 1945, He was tasked by Chongqing with requisitioning enemy property in Shanghai. He remained undisturbed by the ensuing judicial purge, evidence that he was not considered a collaborator by the Chinese authorities. In 1948, He even sat as a deputy in the new National Assembly (Guomin dahui 國民大會). His loyalty to the GMD had its limits, however, as he chose not to follow the National Government to Taiwan in 1949. During a visit to Shanghai, Zhou Enlai offered him a position, but He declined. In August 1968, he was caught up in the “Pan Hannian Affair,” named after the former Communist spy in the occupied zone, which was revived during the Cultural Revolution. Imprisoned for four years, he was released for medical reasons a few days before his death on October 17, 1972. When his case was reviewed in 1979, the Shanghai Public Security Bureau (Gong’anju 公安局) acknowledged He’s contribution to the Communist resistance during the war.


Biographical Dictionary of Occupied China

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